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CHPF : ras-le-bol et “montée de colère” du personnel qui veut se faire entendre

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Ils étaient environ 400 soignants (pratiquement 1 salarié sur 6 du CHPF) dans les rues de Papeete ce jeudi matin. Le personnel de l'hôpital dénonce un budget insuffisant et réclame des moyens supplémentaires.

Publié le 19/01/2023 à 15:52 - Mise à jour le 19/01/2023 à 17:01
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Ils étaient environ 400 soignants (pratiquement 1 salarié sur 6 du CHPF) dans les rues de Papeete ce jeudi matin. Le personnel de l'hôpital dénonce un budget insuffisant et réclame des moyens supplémentaires.

Si Edouard Fritch a reçu les fonctionnaires d’Etat, également en grève, les soignants, eux, sont restés devant les grilles de la Présidence. “C’est à croire que, lorsqu’on parle de la santé, ce n’est que le personnel de la santé, que l’hôpital. Non ! La santé, ça concerne la population, et je pense qu’à un moment donné, il faut être sérieux dans ce qu’on dit. Je pense qu’il y a plus que de la déception, il y a de la colère. Mais on se maitrise, on sait très bien qu’il faut faire attention à ce qu’on dit, et tout. Mais la colère est là, ça se ressent. Donc, je ne sais pas ce qui nous attend tout à l’heure ni demain” a déclaré Mireille Duval, secrétaire générale de la CSTP/FO au CHPF.

Scène insolite, les grévistes ont vu des lions arriver, passer à côté d’eux, et entrer dans l’enceinte de la présidence, à l’approche du Nouvel An chinois… “Il y a un ras-le-bol et une grande montée de colère. On voit le dragon passer. Il a plus d’importance que tout le reste. Nous recevoir 15 minutes, qu’est-ce que ça aurait fait ? C’est vraiment un manque de considération.”

Malgré la grève, un service minimum est assuré à l’hôpital. “L’idée ce n’est pas, dans le cadre du mouvement, de mettre la population en danger, rassure Tony Tekuataoa, chef des urgences du CHPF. Nous, ce qu’on veut faire, c’est manifester pour montrer qu’on a besoin de moyens. On n’est pas dans des revendications salariales, on est bien dans des revendications d’amélioration des conditions de travail”.

Vers 15h30, les grévistes ont finalement été reçus par le ministre de la Santé Jacques Raynal. La rencontre est en cours au moment où nous écrivons.

Mireille Duval, secrétaire générale de la CSTP/FO au CHPF

La grève, à Raiatea aussi

À Raiatea, l’hôpital de Uturoa aussi est sous le coup d’un préavis de grève. Le 25 février dernier, dans un communiqué de presse, le syndicat des personnels de santé des Iles Sous-le-Vent CSTP-FO et le syndicat du personnel hospitalier de Polynésie, alertaient la population sur la situation au sein de l’hôpital de Uturoa, et notamment le manque de personnels soignants dans plusieurs services de même que le non-paiement des travaux d’astreinte sur jours fériés… Un an plus tard, les choses n’ont pas plus évolué que ça souligne Marie-Hélène Teriitaumihau, présidente d’honneur du syndicat des personnels de santé des îles Sous-le-Vent : “Le personnel de cet hôpital est toujours en souffrance. Nous manquons de personnel, nous avons du mal à organiser l’offre de soins. D’autre part, nous avons quelques craintes sur le démantèlement de l’hôpital public. Nous sommes particulièrement attachés à l’institution publique et au fonctionnement public de cet hôpital. Aujourd’hui le laboratoire a de grosses difficultés et on a l’impression que l’institut Malardé qui est un établissement semi public, semi privé, aurait quelques vues sur le laboratoire de l’hôpital de Uturoa. On n’y tient pas. (…) Autre point : la pénurie de personnel fait faire des heures supplémentaires. Il est normal et nécessaire qu’elles soient payées et que l’on respecte la règlementation en vigueur sur ce point”.