Cancer pédiatrique : en Polynésie, 80% des enfants guérissent

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Le cancer pédiatrique concerne chaque année entre 4 et 10 enfants en Polynésie. Face au coup de massue du diagnostic, les familles, les associations, les médecins et chercheurs luttent ensemble contre la maladie. À l’occasion de la journée internationale du cancer de l’enfant le 15 février nous avons rencontré le petit Djaïman, qui a survécu à la maladie.

Publié le 12/02/2023 à 16:44 - Mise à jour le 14/02/2023 à 9:00

Le cancer pédiatrique concerne chaque année entre 4 et 10 enfants en Polynésie. Face au coup de massue du diagnostic, les familles, les associations, les médecins et chercheurs luttent ensemble contre la maladie. À l’occasion de la journée internationale du cancer de l’enfant le 15 février nous avons rencontré le petit Djaïman, qui a survécu à la maladie.

Derrière son sourire, il y a du courage pour vaincre le cancer. À 11 ans, Djaïman est en rémission complète. La vie de ce jeune garçon et de sa famille a basculé en juin 2018 lorsque le diagnostic est tombé. L’enfant est atteint d’une leucémie. Il a passé un an à l’hôpital Debré, à Paris, pour suivre une chimiothérapie. Dans un livre de photos, il conserve les souvenirs de son combat contre la maladie. Vincent Gaultier, le père de Djaïman, espère quant à lui, « que ça ne se reproduise pas surtout. Mais il a toujours gardé la patate et du coup on a gardé aussi la patate. »

Pour soutenir Djaïman, ses parents ont quitté Tahiti pendant un an, accompagnés de sa grande sœur. Les deux enfants sont très liés. Il n’était pas question de les séparer à cause de la maladie. « Au début elle n’avait pas le droit parce qu’elle n’avait pas l’âge, se souvient Djaïman. Après on a fait une demande au docteur quand j’allais un peu mieux. Quand j’allais un peu mieux elle pouvait venir et là on a commencé à faire des jeux de société, on a rigolé, on a parlé. »

Cathy, la maman est « fière qu’il se soit battu et qu’il a réussi. C’est notre aito, c’est mon aito. »

La Polynésie ne dispose pas de centre de soins pour les cancers pédiatriques.
Tous les enfants jusqu’à 15 ans doivent partir le plus rapidement possible vers l’hexagone dans un service spécialisé pour débuter un traitement. Les cancers de l’enfant les plus courants sont les leucémies aigues, les tumeurs cérébrales et les lymphomes. L’augmentation des taux de guérison redonne de l’espoir. « Il y a beaucoup plus de guérison notamment dans les leucémies, les cancers hématologiques où il y a des pourcentages de guérison très élevés, déclare le docteur Jérôme Pasche, pédiatre. Il reste néanmoins certaines formes plus graves que d’autres et qui ont de moins bons pronostics. Pour ce qui est des tumeurs solides, je ne veux pas trop m’avancer parce qu’il y a beaucoup de cas très différents. »

La recherche est en quête permanente de fonds pour guérir plus d’enfants et d’adolescents, pour réduire au maximum les effets des traitements. « Les cancers pédiatriques ne sont pas du tout les mêmes que les cancers de l’adulte, souligne Nassim Benchehida, médecin généraliste. On a déjà actuellement plus de 80% de guérison à 5 ans donc on a vraiment de très bons résultats. Le but c’est d’arriver à 100% mais les enfants ont une grosse capacité à récupérer heureusement. On a quand même parfois des séquelles à contrôler après et qui peuvent impacter la vie de l’enfant pendant longtemps. »

Face à la maladie, les associations sont un soutien précieux dès le départ vers l’Hexagone. Elles sont un lien entre les hôpitaux et les familles. À Tahiti, deux associations se consacrent aux cancers de l’enfant. À leur manière, elles organisent des actions pour ces jeunes patients. Des thérapies vers la guérison.

Sourire aux lèvres, Djaïman a retrouvé sa vie de jeune garçon. De son séjour à l’hôpital en France, il préfère se souvenir des sorties en famille et de la Tour Eiffel…

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