Cancer de la prostate : deux cas détectés chaque semaine en Polynésie

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Le cancer de la prostate fait partie des premières causes de décès chez l’homme de plus de 65 ans. Il devrait toucher 1 homme sur 7 dans les prochaines années. Un mal souvent méconnu qui a mené la ligue contre le cancer en Polynésie à organiser une série de conférences dans le domaine. Avec deux cas détectés chaque semaine, l’urgence est de mise pour informer et dépister le plus grand nombre, à l’image des campagnes réalisées autour du cancer du sein.

Publié le 06/10/2023 à 16:47 - Mise à jour le 06/11/2023 à 13:38

Le cancer de la prostate fait partie des premières causes de décès chez l’homme de plus de 65 ans. Il devrait toucher 1 homme sur 7 dans les prochaines années. Un mal souvent méconnu qui a mené la ligue contre le cancer en Polynésie à organiser une série de conférences dans le domaine. Avec deux cas détectés chaque semaine, l’urgence est de mise pour informer et dépister le plus grand nombre, à l’image des campagnes réalisées autour du cancer du sein.

Il tue plus de 8 000 hommes en métropole chaque année, soit 1 homme toutes les heures. Les chiffres inquiétants du cancer de la prostate ont une résonance jusqu’au fenua, où deux nouveaux cas par semaine en moyenne sont déclarés.

« C’est comme en métropole, le cancer est très fréquent en Polynésie. Il vaut mieux le détecter à un stade précoce pour le guérir » , prévient le docteur Gonzague Desrez, urologue. Comme pour le cancer du sein chez la femme, le dépistage reste en effet la meilleure méthode pour prévenir celui de la prostate.

« Il faut vraiment aller voir son taote pour avoir un toucher rectal, un dosage du PSA à partir de 50 ans, conseille le docteur Richard Mallet, chirurgien urologue. Certaines personnes peuvent avoir un contexte familial, comme pour le cancer du sein, et dans ce cas-là c’est à partir de 45 ans qu’il faut surveiller » .

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Présents sur le territoire pour une série de conférences sur les cancers urologiques, le docteur Mallet et ses collègues tiennent néanmoins à rassurer sur les traitements pour ce cancer qui reste méconnu voire tabou chez la gent masculine.

« Quand bien même le cancer est localisé, on a amélioré la technique de traitement, aussi bien la radiothérapie que la chirurgie. Quand on dépiste trop tard et que les dépistages n’ont pas été faits correctement, le cancer est parti vers les os et est métastatique. Mais là aussi, on a des avancées pour prolonger la qualité et la durée de vie » .

Le rôle clé de l’intelligence artificielle

Les protocoles médicaux s’appuient aujourd’hui largement sur l’intelligence artificielle (IA). Plus rapide dans l’analyse de données et d’imageries, l’IA permet d’anticiper l’évolution de la maladie. « On est capables de dire dans 80% des cas l’agressivité de la tumeur que l’on va avoir » , précise le professeur Xavier Gamé, chirurgien urologue. « Les ordinateurs sont capables d’aller chercher dans le dossier des patients toutes les informations qu’ils veulent pour donner la décision de faire ou non un examen, pour connaître le type de traitement que l’on va proposer au patient » .

Ce cancer qui touche directement l’appareil génital provoque chez certains patients des troubles sexuels. Ainsi, et depuis quelques années certains hôpitaux de l’hexagone ont décidé d’associer des sexologues pour accompagner ces malades.

« On va toucher l’érection et l’éjaculation, donc c’est quelque chose qu’il faut aborder. Il ne faut pas laisser cela en suspens, prévient Gabrielle Mallet, sexologue. Cela peut créer une distance dans le couple, et dans ce cas là, les deux en pâtissent » , affirme-t-elle.

Pour tout savoir sur ces cancers urologiques, les Dr Richard et Gabrielle Mallet, ainsi que le Pr Xavier Gamé vous attendent de 9h à 12h à la mairie de Pirae ce samedi, où la ligue contre le cancer en Polynésie organise une conférence ouverte au public.

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