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Prévention du cancer du col de l’utérus : le vaccin gratuit le papillomavirus bientôt gratuit en Polynésie

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Peu connu, c’est pourtant le principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. Le papillomavirus circule souvent en silence. Afin de lutter contre ses formes graves, les autorités sanitaires étudient la possibilité de rendre gratuit le Gardasil9, vaccin disponible en Polynésie. Un vaccin qui s’adresse notamment aux adolescents.

Publié le 16/06/2022 à 17:43 - Mise à jour le 17/06/2022 à 10:56
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Peu connu, c’est pourtant le principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. Le papillomavirus circule souvent en silence. Afin de lutter contre ses formes graves, les autorités sanitaires étudient la possibilité de rendre gratuit le Gardasil9, vaccin disponible en Polynésie. Un vaccin qui s’adresse notamment aux adolescents.

Le nombre de cas en Polynésie n’est pas élevés, mais il est très certainement sous diagnostiqué, étant donné le faible taux de dépistage. Infection sexuellement transmissible (IST), le papillomavirus aurait provoqué en 2018, un cancer de l’utérus chez une quarantaine de femmes, soignées au CHPF. “Ce n’est pas un chiffre très élevé, par contre leur taux de survie est très faible et le coût s’élève à 118 millions”, souligne la présidente de la ligue contre le cancer, Natacha Helme.

“Le cancer du col de l’utérus, c’est le sixième cancer chez la femme. C’est environ 15 à 20 cas par an. Et c’est un cancer qui touche la femme jeune. Contrairement aux autres cancers, on en maitrise parfaitement la cause puisqu’il est dû au papillomavirus humaine” précise Delphine Lutringer, médecin référent de l’institut du cancer de Polynésie française.

S’il y a un manque de statistiques sur l’incidence de la maladie en Polynésie, le papillomavirus serait l’une des IST les plus fréquentes. On estime que 70 à 80% des hommes et femmes sexuellement actifs seront infectés par un des 200 types de papillomavirus au moins une fois dans leur vie. Passagère la plupart du temps, cette IST est généralement éliminée par l’organisme dans les deux ans suivant l’infection. Mais lorsqu’un papillomavirus à haut risque cancérigène intervient, comme dans environ 10% des cas, l’infection devient “persistante”. Elle peut alors provoquer différents types de lésions, qui non traitées, peuvent évoluer en cancer.


Or, le HPV ou virus papillome humain, est le principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. Et contrairement aux idées reçues, cette infection touche aussi bien les femmes que les hommes. Elle est également responsable des cancers qui touchent les zones intimes et les muqueuses. Mais surtout, elle peut être silencieuse chez les porteurs sains.

C’est ce dernier point qui pousse les autorités sanitaires à envisager l’administration d’un vaccin chez les adolescents entre 11 et 14 ans. Soit avant les premiers rapports sexuels afin de leur éviter les formes graves. “Il faut vacciner les filles et les garçons pour permettre petit à petit d’éradiquer la maladie”, précise Natacha Helme en prenant l’exemple de l’Australie ou l’efficience du vaccin a déjà fait ses preuves.

Si le Gardasil9, vaccin le plus utilisé aujourd’hui, est disponible en pharmacie, il près de 15 000 Fcfp. “C’est un montant relativement élevé et c’est un frein pour les parents, d’autant qu’il se fait en deux ou trois doses”, précise le directeur de l’institut du cancer en Polynésie française, Christophe Moreau. Et contrairement à la France métropolitaine ou à l’Australie, il n’est pas encore remboursé au Fenua. “Pour protéger au mieux nos populations on est en train de mettre en place avec le ministère de la Santé un processus qui permettrait de le rendre gratuit d’ici la fin de l’année”, poursuit le directeur. À terme, cette vaccination aurait vocation à entrer dans la panoplie des vaccins déjà obligatoires en milieu scolaire.

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