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Bientôt plus de pharmacies en Polynésie

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Le nombre de pharmacies au fenua devrait prochainement croître. Le conseil d’État vient en effet de valider une loi du Pays permettant la création de nouvelles officines. Le texte avait été attaqué par l’Ordre et les syndicats de pharmaciens de Polynésie qui le voyaient d’un mauvais œil et l’estimaient inconstitutionnel. Mais la haute juridiction a rejeté leur requête.

Publié le 28/10/2019 à 16:35 - Mise à jour le 29/10/2019 à 11:59
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Le nombre de pharmacies au fenua devrait prochainement croître. Le conseil d’État vient en effet de valider une loi du Pays permettant la création de nouvelles officines. Le texte avait été attaqué par l’Ordre et les syndicats de pharmaciens de Polynésie qui le voyaient d’un mauvais œil et l’estimaient inconstitutionnel. Mais la haute juridiction a rejeté leur requête.

Une demi-douzaine de nouvelles pharmacies pourrait prochainement voir le jour à Tahiti et dans les îles. Ce que permet une loi de Pays que vient de valider le conseil d’État. Le texte fait passer de 7 000 à 5 000 le nombre d’habitants nécessaire à l’ouverture d’une deuxième officine sur le sol d’une commune. Un seuil qui avait posé problème ces dernières années à Papara où l’installation d’une seconde pharmacie, grâce à une dérogation du gouvernement, avait suscité une vive opposition du propriétaire de la plus ancienne. Avec cette loi, ledit seuil est donc inscrit dans le marbre.

Aucun des pharmaciens que nous avons sollicités aujourd’hui n’a souhaité s’exprimer devant une caméra. Mais en off, tous reprochent au gouvernement d’avoir imposé une loi sans en mesurer les effets à long terme sur leurs activités. Un sentiment partagé par l’avocat de l’Ordre et des syndicats : « Ce que nous déplorons, c’est que la loi ait été créée pour servir des intérêts immédiats. Elle a une vision purement conjoncturelle. (…) Et la profession s’est intéressée, et surtout s’est inquiétée, de son impact à long terme. Nous verrons dans les années qui suivent qui aura eu raison » explique Dominique Antz, avocat du conseil de l’ordre des pharmaciens et de deux syndicats de la profession.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Car pour le conseil, le tribunal administratif s’était déjà penché sur la question lors de l’attribution d’une dérogation pour l’officine de Papara. Et à l’inverse du conseil d’État, il n’estimait pas nécessaire d’abaisser le seuil des 7 000 habitants. « Au cas par cas, on se rendait bien compte que c’était tout à fait inutile, qu’il y avait suffisamment de pharmacies. Personne ne s’est jamais plaint de ne pas avoir accès à une pharmacie, de ne pas pouvoir obtenir ses médicaments quand il le fallait. (…) C’est la raison pour laquelle les créations par voie dérogatoire ne se justifiaient pas puisque les besoins de la population ne l’exigeaient pas » poursuit maître Dominique Antz.

Autre sujet d’inquiétude : la possibilité offerte par la loi aux titulaires d’une officine d’ouvrir des locaux secondaires. Ce qui pose des questions déontologiques selon les pharmaciens. Ils scruteront donc avec attention les décrets d’application du texte. « On sera vigilants sur tout, de toute façon. En matière de politique sanitaire, de santé publique… Et puis les pharmaciens sont au contact des patients et ils savent comme pour les médecins ce qui est bon pour la population » ajoute Antz.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

À l’heure actuelle, 44 pharmacies maillent le territoire polynésien.

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