jeudi 16 septembre 2021
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“Aujourd’hui, on n’est pas en confinement”, juge Patrick Galenon

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Invité de notre journal mardi soir, le secrétaire général de la CSTP/FO, Patrick Galenon, est revenu sur la situation des professionnels concernés par l'obligation vaccinale. Une loi qu'il juge inefficace si elle ne s'accompagne pas d'un confinement plus strict et de la vaccination obligatoire des voyageurs en provenance de l'étranger.

Publié le 01/09/2021 à 11:48 - Mise à jour le 01/09/2021 à 11:56
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Invité de notre journal mardi soir, le secrétaire général de la CSTP/FO, Patrick Galenon, est revenu sur la situation des professionnels concernés par l'obligation vaccinale. Une loi qu'il juge inefficace si elle ne s'accompagne pas d'un confinement plus strict et de la vaccination obligatoire des voyageurs en provenance de l'étranger.

La loi sur l’obligation vaccinale adoptée le 23 août devait d’abord concerner les professions en rapport avec la santé. Elle a finalement été élargie à un panel plus large de métiers. Est-ce que cette décision vous étonne ?

“Avant de répondre à votre question, je voudrais revenir sur le confinement […]. Effectivement, aujourd’hui, on n’est pas en confinement. Il y a tellement de dérogations. Le 11 août, on avait 8 dérogations de déplacement et le 20 août, on a un autre arrêté qui nous dit qu’on a 13 dérogations pour pouvoir se déplacer. […] C’est pas le confinement, et donc malheureusement, on va continuer à subir cette catastrophe”

Vous seriez favorable à un confinement total ?

“Si on faisait un confinement de 15 jours par exemple, et pendant ces 15 jours, on faisait une vaccination par exemple de 10 000 personnes par jour… On fait bien des élections municipales sur une journée, on fait voter 110 000 à 120 000 personnes. On n’est pas capable de faire en sorte qu’on puisse vacciner ?”

Ce serait toutefois un coup de massue pour les entreprises et les salariés que vous défendez.

“Non, à la vitesse où nous allons, avec 2 000 vaccinations par jour, pendant trois mois nous allons continuer d’être dans l’explosion de cette maladie. […] Les études disent aujourd’hui qu’il faut vacciner à peu près entre 55% et 60% de la population pour que la courbe commence à stationner et à redescendre. On en est encore loin”.

Et justement au sujet de l’obligation vaccinale, ça vous étonne qu’elle ait été élargie à d’autres corps de métiers que ceux de la santé ?

“Si il y a une obligation vaccinale sans l’obligation vaccinale de ceux qui arrivent de l’extérieur qui vont nous apporter les variants, et sans qu’il y ait un confinement, cette loi, elle est inutile […]. Je le répète encore : si vous ne vaccinez pas ceux qui arrivent de l’extérieur, nous aurons encore d’autres variants et tous les vaccins que nous aurons fait seront peut-être inutiles”.

On a fait face à une situation dramatique ces dernières semaines : est-ce qu’on aurait pu l’éviter d’après vous ?

“Oui, parce qu’il y a eu une explosion des rassemblements politiques, une explosion de rassemblements festifs, les ouvertures des écoles. Et comme par hasard, au mois d’août, nous avons connu en Polynésie française le mois d’août le plus mortel qu’on n’ait jamais connu. Les rassemblements ne doivent pas se faire. C’est pour ça que je préconise un confinement vraiment strict, pendant un lapse de temps court, qui permettrait de s’en sortir. Sinon, on va traîner cette affaire-là pendant plusieurs mois. C’est malheureux”.

Vous êtes pour la vaccination ?

“Je l’ai déjà dit et je le répète : je suis pour la vaccination si elle est accompagnée d’un confinement. Si vous faites 2 000 vaccination par jour, dans 3 mois on y est encore. […] On est dans une catastrophe sanitaire et malheureusement, les propositions qu’on entend, c’est bien. On va aller prier, on va aller jeûner. Il faut prier tous les jours pour ceux qui sont morts mais comme le dit l’adage : aide-toi et le ciel t’aidera”.

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