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Immersion à la morgue du CHPF

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C’est un service hospitalier dont on sait très peu de choses. La morgue du CHPF connait depuis quelques semaines une cadence soutenue avec l’arrivée du variant Delta. Si du côté matériel, la direction de l’hôpital affirme pouvoir tenir la cadence. Du coté des agents, l’état de fatigue et de charge mentale commencent à se faire sentir. Une situation tant exceptionnelle que dramatique pour ces Polynésiens œuvrant en général dans l’ombre et qui affrontent depuis un mois la triste réalité de cette pandémie.

Publié le 27/08/2021 à 10:37 - Mise à jour le 27/08/2021 à 10:47
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C’est un service hospitalier dont on sait très peu de choses. La morgue du CHPF connait depuis quelques semaines une cadence soutenue avec l’arrivée du variant Delta. Si du côté matériel, la direction de l’hôpital affirme pouvoir tenir la cadence. Du coté des agents, l’état de fatigue et de charge mentale commencent à se faire sentir. Une situation tant exceptionnelle que dramatique pour ces Polynésiens œuvrant en général dans l’ombre et qui affrontent depuis un mois la triste réalité de cette pandémie.

Malgré la difficulté de leur métier, ils travaillent en toute discrétion : installés au premier sous-sol du CHPF, les agents de chambre mortuaire sont, depuis des semaines, sollicités 24 heures sur 24 pour réceptionner la vague de patients ayant succombé à la Covid, mais également aux autres pathologies inhérentes à tout centre hospitalier.

Passant de 6 à une vingtaine d’agents pour absorber la cadence infernale, ils ont dû sur la seule journée de mercredi, s’occuper de 21 défunts dont 20 étaient infectés par le variant Delta. Avec la fatigue et le stress permanent, s’ajoutent des protocoles sanitaires drastiques permettant de prévenir toute contamination. Un rythme infernal additionné au risque viral qui impactent inéluctablement le moral de ces agents. “Depuis 8 ans que je suis d’astreinte à la morgue, je n’ai jamais vu défiler 192 défunts. C’est très dur. On essaie de garder le moral…” confie Rehia Tihopu, agent de chambre mortuaire.

Avec 600 morts en moyenne chaque année, le CHPF a donc atteint en seulement un mois le tiers de son rythme annuel. Une situation qui a motivé l’aménagement d’une pièce de stockage de cercueils et de 3 containers frigorifiques pour anticiper le flux quotidien. Une charge mentale supplémentaire pour ces agents qui, en plus de leur labeur, doivent en parallèle expliquer aux familles en deuil, les protocoles en vigueur. 

“Dans certains cas, les familles, si elles n’ont pas pu voir le défunt juste avant le décès, on peut leur exposer l[e corps], c’est-à-dire qu’on retire le couvercle, on présente [le corps] dans un cloche spéciale qui permet de voir mais sans risque de contamination. On ne peut pas, compte tenu de l’afflux de familles en ce moment, répéter ça sur des durées prolongées. Donc c’est 10 minutes une personne sur rendez-vous, juste avant la mise en bière définitive” explique le docteur Etienne Beaumont, chef de service du funérarium.

(Crédit photo : Nicolas Perez / Tahiti Nui Télévision)

Une réalité brute et cruelle que ces Polynésiens absorbent avec dignité et professionnalisme. Une réalité qui balaye d’un revers de main les rumeurs révisionnistes des réseaux sociaux mettant en doute la véracité de cette pandémie. 

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