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Au bout de la nuit, les grévistes obtiennent un rendez-vous avec la majorité

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Publié le 08/03/2018 à 1:24 - Mise à jour le 08/03/2018 à 1:24
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Jusqu’à minuit et demi jeudi soir, grévistes et gouvernement ont joué au chat et à la souris. Rassemblés à l’Assemblée depuis la fin de la première réunion de crise entre les leaders syndicaux, Edouard Fritch et les chefs de groupe de l’assemblée à 17 h 40, les grévistes attendaient un retour de la part du gouvernement. Marcel Tuihani, lui, estime que la séance (toujours suspendue depuis les incidents) ne pourra pas reprendre. Et, comme il s’agit d’une séance extraordinaire, il envisage d’en appeler au Haut-Commissariat pour la clôturer définitivement. Ce qui empêcherait tout examen du texte avant les élections.
 
Vers 20 h 15, c’est finalement à la presse que le président décide de parler. Dans une grande salle de la présidence, les journalistes font face au gouvernement au complet et à la plupart des élus RMA. Visiblement marqué par cette journée, le président rappelle à nouveau tout le travail accompli par son gouvernement depuis deux ans et demi pour négocier et préparer la réforme des retraites. Mais surtout, le président revient sur les incidents qui se sont déroulés dans l’hémicycle. « Ce qui s’est produit est inadmissible. C’est la première fois que j’assiste à un tel événement depuis 1986 et mon entrée à l’assemblée. »
C’est au tour ensuite du vice-président de s’en prendre aux grévistes. « Les élus ont été menacés physiquement, agressés au sein de notre assemblée. Nous avons été séquestrés. C’est un déni de démocratie et c’est aussi bafouer l’état de droit en Polynésie française ». Teva Rohfritsch évoque des agressions « qui relèvent d’une certaine forme de terrorisme ».

A la fin de la conférence de presse – sans possibilité de poser des questions – le président laisse entendre que les travaux pourraient reprendre à l’assemblée si les conditions le permettent. Il demande à Marcel Tuihani de prendre ses responsabilités en ce sens.
 
A quelques centaines de mètres de là, le ton monte chez les grévistes toujours installés à l’assemblée. Le terme de terrorisme, relayés par les “live” sur les réseaux sociaux, met le feu aux poudres. Angélo Frébault a dû mal à contenir la colère et rapidement les grévistes se mettent en marche vers la Présidence. Dans le cortège improvisé on entend des « Fricth démission » ou « on va casser la ville ». Rapidement des policiers se positionnent devant la grille de la Présidence où se masse plusieurs centaines de manifestants.
 
Sur place, les leaders syndicaux tentent de calmer la colère des grévistes. Heureusement, assez rapidement la nouvelle tombe : une délégation va être reçue à l’intérieur. Le temps de choisir qui fera partie de la rencontre et douze syndicalistes (donc la plupart des leaders de chaque centrale) font leur entrée à 22 h 15 dans la présidence.
 
Pendant plus deux heures, cette délégation va discuter avec trois interlocuteurs : le ministre Heremoana Maamaatuaiahutapu, la sénatrice Lana Tetuanui et le vice-président de l’assemblée René Temeharo.
 
A leur sortie les syndicalistes annoncent très vite qu’une rencontre est prévu le lendemain (vendredi) à 10 heures et ils ont bon espoir que ce rendez-vous se soldera par le retrait du projet de loi. « Nous avons obtenu des garanties » lâche Lucie Tiffenat (Otahi), sans cependant dévoiler lesquelles. Le secrétaire général de CSTP FO va plus loin : « J’ai le sentiment que les trois personnes que nous avons vues sont d’accord pour le retrait ». Patrick Galenon espère que vendredi « une majorité » se dégagera contre le projet de loi. Pourtant, difficile d’imaginer l’exécutif renoncer à son texte, surtout après les incidents survenus dans la journée. En attendant la grève continue.
 

Bertrand Parent et Oriano Tefau

 
 Pour revivre cette soirée de crise, retrouvez tous nos “live” sur la page Facebook de TNTV
 
 
 

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