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Aidant familial, l’ange gardien des séniors

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Comment assurer la prise en charge des matahiapo qui ne sont plus autonomes, tout en leur permettant de rester chez eux ? Les aidant fetii -- ces personnes non professionnelles qui viennent quotidiennement en aide à des membres de leur entourage -- bénéficient d'un statut et d'une aide financière. Mais chaque jour est un nouveau défi. Témoignage d'une famille.

Publié le 12/03/2022 à 10:30 - Mise à jour le 12/03/2022 à 10:30
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Comment assurer la prise en charge des matahiapo qui ne sont plus autonomes, tout en leur permettant de rester chez eux ? Les aidant fetii -- ces personnes non professionnelles qui viennent quotidiennement en aide à des membres de leur entourage -- bénéficient d'un statut et d'une aide financière. Mais chaque jour est un nouveau défi. Témoignage d'une famille.

Avec Miriau, Tavita (noms d’emprunt) prépare le repas de sa mère, une octogénaire qui a toujours vécu à Papeete. Depuis cinq ans maintenant, les enfants de la famille organisent un roulement pour permettre à leur maman de continuer à vivre chez elle. Un quotidien difficile mais qui n’est qu’un juste retour des choses pour Tavita : “on est 4 frères et 5 sœurs. A tour de rôle, chacun prend une semaine. Elle est atteint de la maladie d’Alzheimer, je pense qu’elle ne comprend plus rien à ce qu’il se passe. Elle ne nous reconnaît plus tellement. Je ne comprends pas pourquoi on devrait la mettre dans une maison de retraite, car elle nous a gardé depuis tout petit et c’est à nous de la garder maintenant”.

“C’est le première fois que je vois une famille qui veut s’occuper réellement de leur maman”, reconnaît avec émotion Miriau. “Moi, je n’ai plus ma maman, donc je ne connais pas cette situation. Et ça me touche, ça me fait plaisir de pouvoir m’occuper d’elle car je la considère un peu comme ma mère”.

Pour permettre à d’autres enfants et petits-enfants de s’occuper de leurs proches, il y a le dispositif “aidant feti’i”. Une aide plafonnée à 50 000 Fcfp par mois. Et si le statut des aidants s’est amélioré ses dernières années, prendre soin d’un proche n’est pas tous les jours chose aisée. “Ça dépend des situations des familles. Il y en a qui peuvent, d’autres qui ne peuvent pas, certains qui sont tout seul”, remarque Miriau. “C’est difficile. Mais ce qui est important pour nous, c’est son bien-être. Et puis un jour, on va vieillir aussi. Si tu t’occupes de tes parents aujourd’hui, plus tard, tes enfants vont s’occuper de toi”. De son côté, Tavita estime “qu’avec internet et toutes les technologies, on perd un peu cette ambiance familiale qu’on avait avant”.

D’ici 2027, 55 000 Polynésiens auront 60 ans ou plus selon la dernière étude sur la famille menée par le Pays en 2016. Combien de matahiapo pourront continuer de vivre durablement à domicile et à quelles conditions ? Le Pays s’était engagé en 2016 à organiser une conférence sur la famille tous les deux ans. Une promesse restée en suspend depuis.

Interview de Frédéric Pidou, vice-président de l’association Mania te Miti

Ce samedi, l’association Mania te Miti propose une journée destinée à ceux qui s’occupent de personnes en soins palliatifs. Les visiteurs bénéficieront des conseils de professionnels à l’hôpital de Taravao. Le vice-président de l’association et kinésithérapeute, Frédéric Pidou, était l’invité de notre plateau vendredi soir.

Plus d’informations sur le dispositif “aidant feti’i” en cliquant ICI

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