Ahuura Neuffer, une jeune militante du lycée Samuel Raapoto à l’ONU

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Elle était censée uniquement accompagner son père Philippe Neuffer à New-York et découvrir les Nations-Unies. À seulement 15 ans, Ahuura est devenue l'une des plus jeunes intervenantes devant une commission de l’ONU. La jeune lycéenne s’est donnée pour mission de sensibiliser les états-membres au problème du harcèlement scolaire.

Publié le 05/10/2023 à 10:19 - Mise à jour le 05/10/2023 à 10:37

Elle était censée uniquement accompagner son père Philippe Neuffer à New-York et découvrir les Nations-Unies. À seulement 15 ans, Ahuura est devenue l'une des plus jeunes intervenantes devant une commission de l’ONU. La jeune lycéenne s’est donnée pour mission de sensibiliser les états-membres au problème du harcèlement scolaire.

Elle n’est encore qu’en première au lycée Samuel Raapoto, à Arue. Du haut de ses 15 ans, Ahuura Neuffer, fille de l’avocat et représentant de l’enseignement protestant Philippe Neuffer, s’est présentée en tant que petitioner, ou intervenante pétitionnaire, devant une commission de l’Organisation des Nations Unies, à New-York. Elle s’est exprimée sur le sujet du harcèlement scolaire, au cours d’un discours où elle a fait étalage de toute sa maturité.

« Si je suis venue à l’ONU, c’est pour faire passer un message. L’ONU, c’est grand, commence-t-elle par raconter. Quand tu y es, tu as l’impression d’être sur un plateau d’échec. Il faut bouger ses pions, il faut avancer ses arguments, dire ce que tu as à dire en prenant en compte la réponse de l’autre partie » .

Forcément, l’émotion était grande lorsqu’elle s’est installée au siège qui lui était réservé. Mais pas de quoi l’impressionner outre mesure. « Je me suis dit ‘Wahou, c’est trop cool’! C’était l’une des premières fois où je prenais réellement la parole en public, souligne-t-elle. Je pensais que ça allait me stresser, mais j’étais juste très heureuse d’être là et de voir tous ces gens qui étaient si différents. Je me suis dit que c’était fabuleux d’avoir autant de personnes qui portaient attention à tes mots » .

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Steve Chailloux, Ahuura et Philippe Neuffer à New-York (Crédit Photo : TNTV)

« J’ai commencé par prendre les mots clés qu’on peut retrouver dans tous les discours : colonisation, décolonisation, éducation, Maohi…. Et après, j’ai cherché des mots pour essayer d’expliquer ce que je ressens et ce que j’ai pu voir de mes camarades » , poursuit-elle. Ses mots sont finalement devenus un poème.

Love has always been given to me. But it’s not the case for everybody. In school, I inspected the birds, bees, cats and trees. But kids belittled, teased are things with too much easeJ’ai toujours reçu de l’amour, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. À l’école, j’ai inspecté les oiseaux, les abeilles, les chats et les arbres. Mais pas les enfants rabaissés et taquinés de manière excessive.

Assis à côté de sa fille lors de son discours, Philippe Neuffer est fier de l’authenticité du texte qu’elle a écrit. « Elle s’exprimait avec tellement d’aisance, alors qu’on a peu répété. On a surtout voulu qu’elle garde ses mots, pas ceux que les adultes veulent voir prononcer par les enfants, insiste-t-il. Beaucoup d’esprit l’accompagnait dans son intervention, c’est ce que j’ai ressenti. C’est ça, le mana » .

« Dans mon discours, je mélange un peu le personnel et puis le ressenti des autres jeunes. Je pense que ma présence peut être interprétée comme on le souhaite. Politique, pas politique… Pour moi, elle est avant tout humaine » , conclut Ahuura.

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