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Affaire du SED : « on navigue en plein fantasme » pour Me Quinquis

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Publié le 22/03/2015 à 14:24 - Mise à jour le 22/03/2015 à 14:24
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Jusqu’à mercredi, l’affaire du Service d’étude et de documentation de la présidence du gouvernement (SED) est jugée en correctionnelle. 

Le service qui avait, à sa création, pour objectif de « réaliser toute étude prospective dans les domaines économiques, scientifiques et culturels », dissimulait en fait une cellule de renseignements. L’instruction a révélé que 19 personnes y étaient employées sous contrat cabinet, avec la fausse qualité « d’agent administratif ou de technicien ». Ces personnes auraient été embauchées pour faire des filatures, des écoutes et espionner la vie privée de diverses personnes, dont le journaliste Jean-Pascal Couraud (JPK).

En 2005, quatre parties civiles dont Oscar Temaru, Stanley Cross, Annie Rousseau, juriste et Alex du Prel, journaliste ont déposé plainte. Les deux premiers se sont rétractés en 2006. Annie Rousseau a été déboutée.
Ce lundi, Gaston Flosse, Jean Prunet, André Yhuel, Félicien Micheloni et quatre anciens agents du SED ont été cités à comparaître pour délit d’atteinte à la vie privée. L’ancien président Gaston Flosse doit également répondre du délit de détournement de fonds publics. 

A la sortie du tribunal ce lundi, Me Quinquis, avocat de Gaston Flosse s’est dit « stupéfait », car « l’essentiel des faits pour lesquels monsieur Flosse et autres sont renvoyés devant le tribunal n’ont pas fait l’objet de mise en examen préalable ». Selon lui, « l’ordonnance de renvoi devait être nécessairement revue par le magistrat instructeur pour être complétée le cas échéant pour les faits qui avaient été omis ». 
L’avocat s’étonne également du déroulement des débats. Il regrette que le tribunal s’intéresse plus au fonctionnement du SED qu’à l’atteinte à la vie privée d’Alex du Prel. 
Et pour Me Quinquis, le terme « d’espionnage » est totalement inapproprié. « On pourrait, au pire, parler de renseignement. Et, encore, le renseignement politique n’est évidemment pas prohibé »… « Et à supposer que ce soit le cas, au moment où l’on sait que nos amis néo-zélandais nous écoutent sur nos portables, tout ceci prête à sourire », déclare Me Quinquis. 
Sur le détournement de fonds publics, Me Quinquis s’étonne que le parquet ait commencé ses investigations 10 ans après la commission des faits. « 10 ans c’est à dire trois fois le délai de prescription prévu par la loi, là il y a effectivement quelque chose d’anormal », insiste-t-il. 
En bref, dans cette affaire, pour l’avocat, « on navigue en plein fantasme ». « On finit par se dire que de tout cela il sort au moins une vérité : à savoir que cela ternit l’image d’un homme politique et qu’il s’agit d’une instrumentalisation judiciaire ». 

De son côté, Alex du Prel affirme avoir bien été surveillé, « suivi ». « On croyait que j’avais de grands informateurs. J’en avais, mais ils ont accusé les mauvaises personnes. On était presque dans un système comme celui du dictateur Salazar jadis au Portugal ou celui de Fidel Castro », caricature-t-il. 
Pour le journaliste, qui a déposé plainte uniquement contre  André Yhuel, Félicien Micheloni et Gaston Flosse, ce qui importe dans cette affaire, c’est que « selon la Chambre territoriale des comptes, cette cellule d’espionnage mise à la disposition de M. Flosse et de son directeur de cabinet, a tout de même coûté 600 millions selon la Cour des comptes, 800 millions selon mes calculs, à la communauté, que j’ai payé avec mes impôts ». Ce qui importe à Alex du Prel c’est « que l’on fasse rembourser ses sommes indument dépensées à aller surveiller d’anciennes maîtresses, etc. »
 

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