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À la marina Taina, les bateaux à l’ancre sont priés de déménager

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Publié le 18/12/2018 à 16:16 - Mise à jour le 18/12/2018 à 16:16
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Cette semaine, à l’occasion d’une visite de la marina Taina par le gouvernement et le Port Autonome, les autorités ont émis le souhait de voir le nombre de voiliers diminuer. Dans le lagon, on retrouve près de 300 bateaux pour seulement 136 corps morts. Les autres jettent l’ancre là où ils peuvent, parfois, très près du chenal. « J’ai demandé à ce que des mesures drastiques soient prises pour que le parking de ces bateaux soit mieux organisé. Avec les moyens dont il dispose, le Port Autonome va prendre des mesures pour l’évacuation progressive de ces yachts » explique Edouard Fritch.

Les autorités reprochent également aux voiliers les pollutions qu’ils engendrent : « La pollution est visible puisque ces bateaux ne sortent pas comme prévu par la réglementation tous les 72 heures » ajoute le président du Pays. « Il faut essayer de trouver des solutions pour que ces voiliers puissent aller dans des marinas. Mais actuellement, elles sont complètes, donc il faut étudier les nouvelles marinas » précise Jean-Paul Le Caill, directeur du Port Autonome de Papeete.

Les propriétaires de voiliers réclament aussi de nouvelles infrastructures. Attirés grâce, notamment, à la politique d’exonération de taxes mises en place par le Pays, ils ne trouvent à leur arrivée que des marinas saturées et des lagons dans lesquels ils ne peuvent plus jeter l’ancre. « Le yachting en Polynésie représente quand même 3 milliards par an de bénéfices. On ne peut pas ouvrir les portes aux ‘voileux’, aux voiliers, au monde du maritime de plaisance… si on n’a pas la place pour les accueillir, et si en plus, on restreint la place » déplore Kaya Guillain, porte-Parole de l’association des voiliers de Polynésie française.

En effet, de manière générale en Polynésie, les voiliers sont de moins en moins les bienvenus. Les marinas sont saturées et dans certaines îles comme Bora Bora, Raiatea, Moorea et maintenant Tahiti, les pouvoirs publics prennent des mesures pour interdire le mouillage des bateaux. Bien souvent, c’est l’argument de la pollution qui est avancé, un argument qui choque les propriétaires de voiliers : « C’est pas 4 crottes qui vont polluer le lagon ! Le Pavillon bleu (label qui valorise les sites respectueux de l’environnement, ndlr) a été donné au lagon de Punaauia où il y a entre 250-300 bateaux ancrés qui, soi-disant ne vont pas vider leur réservoir à eau noire, mais il y a quand même des analyses qui prouvent que le lagon est propre, donc où est la pollution ? » s’interroge Kaya Guillain.

À Punaauia, le Pays va ouvrir dans les années à venir une nouvelle marina sur le site du Village tahitien. Mais cette solution, très localisée, ne résoudra que partiellement le problème, car les voiliers, voyageurs par nature, n’ont pas vocation à rester dans les marinas…
 

Rédaction web avec Tamara Sentis

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