À 44 ans, la « Tahitienne normande » diplômée et officiellement éleveuse

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"Il n'y a pas d'âge" pour Cindy Gelas qui vient de boucler sa reconversion. Autrefois employée dans le secteur de la finance, elle vient de décrocher un diplôme dans le milieu agricole. Celle qui se fait appeler la Tahitienne normande poursuit son projet de monter la première ferme pédagogique laitière en Polynésie.

Publié le 12/07/2023 à 11:07 - Mise à jour le 12/07/2023 à 15:15

"Il n'y a pas d'âge" pour Cindy Gelas qui vient de boucler sa reconversion. Autrefois employée dans le secteur de la finance, elle vient de décrocher un diplôme dans le milieu agricole. Celle qui se fait appeler la Tahitienne normande poursuit son projet de monter la première ferme pédagogique laitière en Polynésie.

Elle s’était envolée l’année dernière pour la métropole avec un projet précis : se former à l’élevage laitier en vue de créer la première ferme pédagogique de Polynésie. À 44 ans, Cindy Gelas vient de décrocher son Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole, spécialisation vaches laitières. Une reconversion tardive, sur les traces de son arrière-grand-père, éleveur normand.

« Je veux dire aux Polynésiens qu’il n’y a pas d’âge. (…) J’ai décroché un diplôme à 44 ans dans le métier agricole, c’est dingue ! (…) Je suis fière de moi. Je crois être la seule Tahitienne éleveuse de France. J’espère ouvrir une voie à d’autres Polynésiens. (…) On m’a vue débarquer de mon île Tahiti. C’est vrai que les Normands étaient étonnés, raconte-t-elle. Mais, c’est lié à mon histoire. Mon arrière-grand-père était éleveur. Il a fallu expliquer mon projet, pourquoi je voulais le faire. (…) C’est un cercle particulier, le monde agricole en France. »

« Mon arrière-grand-père aurait été fier. Il a vendu sa ferme il y a plus de 80 ans. On n’a plus de ferme, mais l’amour du métier lui, est resté intact. C’est juste que ça a sauté deux générations (…) »

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Et, sa reconversion fait aussi la fierté de son père. « Au début, ça n’a pas été facile pour lui d’accepter cette reconversion parce qu’à la base, j’ai fait une école de commerce avec une carrière. Mais je n’ai pas voulu être éleveuse du jour au lendemain, j’ai toujours voulu être éleveuse, depuis toute petite. Mais, d’avoir osé, à l’âge que j’ai…« 

Lire aussi : Une Tahitienne Normande veut créer la première ferme pédagogique laitière de Polynésie

Aujourd’hui, Cindy a intégré le service de remplacement, une structure employant des agents capables d’assurer des missions courtes sur des exploitations agricoles. « Je vais dans plusieurs exploitations et je travaille auprès d’autres éleveurs pour la traite des vaches. (…) C’est une très belle expérience pour moi qui m’engage à aller à la rencontre des éleveurs dans plusieurs exploitations. C’est ce que je veux. »

La nouvelle diplômée pourrait bientôt quitter la métropole pour la Suisse. Une exploitation laitière s’est intéressée au profil de la Tahitienne normande. « Je veux voir comment ça fonctionne en Suisse parce que l’idée c’est aussi, à travers les voyages, de pouvoir m’enrichir et de voir comment chaque pays gère ses exploitations. (…) Maintenant, mon objectif est vraiment d’améliorer ma technicité, mon expérience. L’agriculture, c’est très technique, il faut le savoir. C’est comment s’occuper des animaux, les soins, un peu comme les vétérinaires. »

Cindy rêvait de devenir éleveuse depuis toute petite. Crédit : Cindy Gelas.

Cindy prévoyait de revenir en Polynésie d’ici deux ou trois ans. Elle reviendra certainement avant, car son projet de mettre en place une ferme pédagogique prendra « du temps ». « Il faudra être sur place pour commencer à lancer le projet s’il est accepté par les autorités. »

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