mardi 20 avril 2021
A VOIR

|

411 Polynésiens sont morts pour la France depuis 1914

Publié le

Les Forces Armées continuent-elles à séduire les Polynésiens? Ont-ils bien conscience de ce dans quoi ils s'engagent? Quelle vie après une carrière militaire, et quelle prise en charge lorsqu'un soldat meurt pour la France? Philippe Leydet, directeur du service territorial de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de Polynésie était notre invité pour en parler.

Publié le 10/01/2021 à 14:04 - Mise à jour le 10/01/2021 à 14:10
Lecture 2 minutes

Les Forces Armées continuent-elles à séduire les Polynésiens? Ont-ils bien conscience de ce dans quoi ils s'engagent? Quelle vie après une carrière militaire, et quelle prise en charge lorsqu'un soldat meurt pour la France? Philippe Leydet, directeur du service territorial de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de Polynésie était notre invité pour en parler.

Le décès du maréchal des logis Tanerii Mauri a ému la Polynésie. Néanmoins, beaucoup de jeunes locaux se tournent vers les carrières militaires en espérant se dessiner un avenir meilleur.

Philippe Leydet, qui dirige le service territorial de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de Polynésie était l’invité de l’édition d’information de TNTV ce samedi. Il est revenu pour nous sur ce qui pousse les Polynésiens vers ces métiers. Il a également été question de la prise en charge assurée en cas de décès.

Vous avez participé à l’hommage à Tanerii Mauri. C’est important, quand on a été militaire, d’être présent dans ces moments?

« 411 polynésiens sont morts pour la France depuis 1914, dont 16 sont morts pour la France depuis 1962 au titre des opérations extérieures ».

« C’est essentiel de rendre hommage à nos camarades qui ont fait le don suprême pour défendre nos libertés, nos valeurs, et qui ont fait en sorte que nous puissions continuer à vivre libres ».

Philippe Leydet

Chaque année de nombreux jeunes s’engagent dans l’armée, parfois au péril de leur vie. Ce risque est-il toujours intégré?

« Quand on s’engage, on part pour l’aventure, pour voyager, pour trouver du travail, pour le sport, la camaraderie, pour toutes ces raisons et valeurs là. On n’a pas forcément à l’esprit que l’on risque de donner sa vie. Toutefois, on le perçoit très vite dès lors que l’on intègre un régiment, et on connaît les risques ».

Quelle est la principale motivation de ceux qui s’engagent?

« Beaucoup veulent voir le pays. Ils ont le goût du sport, de l’effort. Nos Polynésiens sont des aito, et il y a un vrai goût de pousser ses limites. Il y a un vrai engouement pour les forces armées. Quand ils viennent en métropole, ils sont parfois surpris mais ils ont une bonne formation morale et sont appréciés dans les forces armées ».

Une fois leur retour à la vie civile, quelles sont les principales voies de reconversion?

« Pour ceux qui ne font pas carrière, ils reviennent, ils sont anciens combattants. Ils ont fait 5 ans, ils ont 22 ou 23 ans, et ont déjà ce statut. Dans chaque unité militaire, il y a un bureau de la mobilité pour la reconversion. Ils sont incités à faire un stage pour la reconversion. Je les incite à le réaliser en métropole pour apprendre un métier, et avoir plus de choix. S’ils n’ont pas de métier, quand ils reviennent, c’est le SEFI, alors c’est le rôle de l’office national de les aider ».

Lorsqu’un soldat décède, est-ce qu’un soutien est apporté à la famille, tant sur le plan psychologique que financier?

« Dès lors que l’on a un camarade qui meurt pour la France, tout est pris en charge par le ministère des Armées. Dans un premier temps, c’est le ministère avec la Direction du patrimoine, de la mémoire et des archives. Avec la ministre déléguée aux Anciens combattants. Avec la CABAT – la cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre – le CASOM – le centre d’action sociale outre-mer, et bien-sûr le Bureau de garnison des Forces armées. Dès lors qu’on est mort pour la France, tout est pris en charge financièrement, notamment pour le rapatriement ».

« Psychologiquement, la famille est suivie par le CASOM. La maman, Paulina, sera prise en charge jusqu’à la fin de ses jours ».

infos coronavirus