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Tematai Le Gayic : “Si la majorité des Polynésiens souhaite l’indépendance, les responsables politiques doivent l’accepter”

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La mairesse de Papara Sonia Punua pourrait rejoindre le Tavini Huiraatira. Son époux, l'ancien maire de Papara, se rapproche du parti indépendantiste. Samedi, Putai Taae a réuni ses soutiens pour leur expliquer sa démarche avant de confirmer son adhésion auprès d'Oscar Temaru. Membre du Tavini, le député Tematai Le Gayic était l'invité de nos journaux dimanche.

Publié le 12/09/2022 à 16:12 - Mise à jour le 13/09/2022 à 8:59
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La mairesse de Papara Sonia Punua pourrait rejoindre le Tavini Huiraatira. Son époux, l'ancien maire de Papara, se rapproche du parti indépendantiste. Samedi, Putai Taae a réuni ses soutiens pour leur expliquer sa démarche avant de confirmer son adhésion auprès d'Oscar Temaru. Membre du Tavini, le député Tematai Le Gayic était l'invité de nos journaux dimanche.

Le Tavini Huira’atira a intégré ce week-end l’ancien tavana de Papara qui siège toujours au tapura. Va-t-il s’inscrire dans les rangs de votre parti avant 2023 ?
“Il est vrai que le représentant à l’assemblée Putai Taae ainsi que la mairesse de Papara ont rencontré monsieur Oscar Temaru dans l’objectif d’adhérer au Tavini Huiraatira. Nous nous sommes déplacés sur Papara, dans leur foyer, avec certains de leurs militants pour leur expliquer l’objectif du Tavini notamment en ce qui concerne le processus de décolonisation et d’accession à la pleine souveraineté. C’est autour de cette question que s’est tournée la volonté de Putai Taae d’entrer dans le Tavini Huiraatira, parce que selon ses propos, il a compris que l’objectif du Tavini était le bon développement et que s’inscrire dans le mouvement de l’accession à la pleine souveraineté était la meilleure solution.”

Les résultats des dernières élections ont ils accéléré son choix selon vous ?
“Si la majorité des Polynésiens souhaite l’indépendance, les responsables politiques doivent l’accepter.”

Y a-t-il d’autres représentants du Tapura qui pourraient vous rejoindre ?
“Je ne sais pas ce qui se passe au Tapura Huiraatira. Ce qui est sûr c’est que la semaine dernière nous nous sommes déplacés à
Tautira pour rencontrer le tavana Hamblin qui également souhaite entrer dans le Tavini Huira’atira pour le même principe : l’objectif d’atteindre la pleine souveraineté. Nous, ce que nous disons, c’est que quelles que soient les personnes qui souhaitent entrer, à un moment donné, il faut que ce soit la majorité des Polynésiens qui acceptent l’accession à la pleine souveraineté. Nous ne pouvons pas le faire nous seulement le Tavini Huira’atira. Ça doit être une adhésion qui soit unanime.”

Les échéances territoriales approchent. on vous voit vous les trois députés polynésiens enchainer les meetings. C’est une manière de préparer les prochaines territoriales ?
“Non, c’est un objectif de démocratie participative, parce que, lors des élections législatives, nous avons promis qu’il y aurait plus de transparence, et que nous ne serions pas des élus déconnectés. C’est ce que nous avons fait dès notre élection. Nous avons voulu retourner dans les quartiers parce que, en ce moment par exemple, je travaille sur le foncier, la protection du foncier, notamment cet objectif d’interdire la vente de terre aux non Polynésiens. Donc on soumet au questionnement des Polynésiens et des Polynésiennes la question de la citoyenneté maohi, de l’interdiction de vente des terres, comment on le fait. Et surtout, l’objectif c’est que ce soit eux qui nous disent comment ils veulent que cette loi soit écrite, et leur expliquer le déroulement de l’écriture de la proposition de loi puis de son vote au parlement.”

Un mot sur votre travail de parlementaire justement : quels sont les dossiers principaux sur lesquels vous travaillez actuellement ?
“En plus de la question du foncier pour laquelle je suis dans les quartiers, il y a la question de la protection de l’emploi. On l’a vu ces derniers mois, la question de la police nationale, des professeurs, de l’équipe éducative dont l’inspecteur Matani Kainuku que nous soutenons, la question du tribunal de Papeete avec la greffière qui est la femme d’un haut fonctionnaire. Ce n’est pas d’aujourd’hui que ces pratiques se font dans notre Pays. Nous, nous sommes clairement pour la protection de l’emploi. Ça peut passer par des concours CEAPF que l’Etat a accepté de remettre en place en ce qui concerne la police nationale. Nous voulons l’étendre à d’autres corps de métiers pour que ce soit des concours qui soient à disposition des Polynésiens en Polynésie pour exercer en Polynésie. Il y a d’autres projets sur la table en ce qui concerne l’éducation. C’est la raison pour laquelle je me suis déplacée dans certains établissements scolaires.”

Votre positionnement politique a fait couler de l’encre dans l’hexagone. Pourquoi est-ce qu’être indépendantiste n’est pas contradictoire avec le fait d’occuper le siège de député ?
“Parce qu’aujourd’hui il y a des compétences qui appartiennent à l’Etat. Nous, nous faisons le relai de la parole des Polynésiens en ce qui concerne les compétences de l’Etat en Polynésie. Le jour où nous serons pleinement souverains, la question d’un député français n’existera plus.”

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