Session budgétaire : Rien de « concret » dans le discours de Moetai Brotherson, déplore l’opposition

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La séance d’ouverture de la session budgétaire, jeudi à l’Assemblée, a suscité des réactions mitigées. L’opposition a déploré un manque d’orientations claires du président Brotherson Le chef de l’exécutif et le président de l’Assemblée ont en outre de nouveau affiché leurs désaccords sur plusieurs sujets.

Publié le 22/09/2023 à 8:37 - Mise à jour le 22/09/2023 à 9:41

La séance d’ouverture de la session budgétaire, jeudi à l’Assemblée, a suscité des réactions mitigées. L’opposition a déploré un manque d’orientations claires du président Brotherson Le chef de l’exécutif et le président de l’Assemblée ont en outre de nouveau affiché leurs désaccords sur plusieurs sujets.

Comme pour tout discours de rentrée budgétaire, il y a les mécontents et les satisfaits. Concernant la seconde catégorie, il fallait les chercher. Si du côté des représentants de la majorité, on s’est dit confiant hors micro, l’opposition, elle, est clairement restée sur sa faim.

« On a l’impression que ce sont encore les mêmes généralités que l’on retrouve depuis le début », a regretté la représentante Tapura, Tepuaraurii Teritahii, « le bilan des 100 jours, c’était pareil, des généralités. Concrètement, on ne sait pas quelles actions vont être déclinées. Il -le président Brotherson, Ndlr- nous demande d’attendre le débat d’orientation budgétaire où ils nous en diront plus. Mais il aura lieu le 26 octobre, normalement ».

Le sénateur Teva Rofritch n’a pas été davantage convaincu : « ce rendez-vous ne remplit pas les objectifs pour lesquels j’étais venu, c’est-à-dire quelle va être la politique économique et financière du Pays. Les 100 jours, la partie politico-politicienne est passée. Maintenant, c’est le concret. Une alternance a été souhaitée par la majorité des électeurs. Elle est en place. Mais c’est quoi l’alternance sur le plan concret ? L’utilisation de nos impôts ».

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Les allocutions des deux présidents, celui de l’Assemblée, et celui du Pays, ont également laissé un goût de discorde. Antony Géros, lui aussi, s’est montré critique à demi-mot.

« Tarahoi l’attend »

« Le président du Pays est quelqu’un de très brillant. Souvent, quand on est brillant, on ne dit pas tout. On utilise un langage dogmatique, un peu crypté. Mais je suis sûr qu’il sait que Tarahoi l’attend lors des prochaines séances », a lancé le titulaire du perchoir.

Des propos auxquels le président du Pays a répondu par une référence culinaire : « Je leur donne rendez-vous lors du débat budgétaire. Là, ils auront tout le ma’a dont ils ont besoin ».

Autre sujet de crispation :  l’ONU. Le président Géros a annoncé la création d’une commission ad ’hoc sur la décolonisation. Une entité qu’il coprésidera avec Moetai Brotherson afin d’avoir, lui aussi, voix au chapitre.

« On est en complémentarité, pas en opposition »

« Plutôt que de laisser le président du Pays dialoguer, puisque c’est lui le seul qui sera reconnu dans le cadre de ces institutions pour porter la voix de la Polynésie, il a quand même besoin d’un ‘back office’. Et ce ‘back office’, il va le trouver dans le comité de décolonisation », a indiqué Antony Géros.

Un comité que le président du Pays souhaite constructif pour éviter un discours trop partisan aux Nations Unies : « Je pense que le Tavini ira en tant que parti politique. J’espère que certains, parmi les pétitionnaires, essaieront d’élargir leur périmètre d’intervention au-delà du simple discours Tavini. Mais on est en complémentarité, pas en opposition. »

La volonté du président de l’Assemblée de remplacer le jour férié du 29 juin, date de la fête de l’autonomie, par le 1er septembre, celle de l’accession de l’Eglise Protestante Maohi à son indépendance, a aussi laissé apparaître des divergences. Moetai Brotherson souhaite que la date de ce nouveau jour chômé fasse consensus, aussi bien du côté des élus de Tarahoi, que de la population.

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