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Sénatoriales – Teva Rohfritsch : « nous souhaitons siéger au nom de tous »

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Teva Rohfritsch, qui a quitté le gouvernement il y a peu, est candidat aux élections sénatoriales au côté de Lana Tetuanui. Il était l'invité de nos journaux mercredi.

Publié le 24/09/2020 à 11:30 - Mise à jour le 25/09/2020 à 9:27
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Teva Rohfritsch, qui a quitté le gouvernement il y a peu, est candidat aux élections sénatoriales au côté de Lana Tetuanui. Il était l'invité de nos journaux mercredi.

Vous avez quitté le gouvernement pour vous lancer dans les sénatoriales ? Pourquoi, surtout en cette période de crise sanitaire ?
« C’est notamment parce que nous sommes en crise sanitaire et surtout en crise économique sociale et financière, que cette décision a été murement réfléchie avec le président Fritch, que je remercie pour sa confiance. Vous savez, j’ai mis du coeur à l’ouvrage, et c’est sûr que j’ai eu le coeur gros en partant du gouvernement. Mais j’ai travaillé sur ce plan de relance avec mes collègues ministres, avec le président, nous avons fait beaucoup de choses. Nous sommes prêts pour pouvoir relancer cette activité économique et prendre les mesures nécessaires à cette relance. Mais il faut que nous obtenions des financements, il faut que nous obtenions le soutien de l’Etat. Et donc je crois que je peux être utile dans ce combat-là aussi avec Lana à Paris, dans cette assemblée des sénateurs pour pouvoir obtenir gain de cause et siéger au nom des maires, au nom de nos collectivités locales, faire en sorte qu’on ai les moyens de se relever de cette crise. »

La majorité des grands électeurs sont des élus municipaux, raison pour laquelle la plupart des candidats qui courent pour ces sénatoriales axent leur programme sur le toilettage du CGCT (Code général des collectivités territoriales, NDLR). C’est aussi votre objectif ?
« C’est un des objectifs que nous allons poursuivre parce que c’est vrai que le Sénat est la chambre des collectivités territoriales. Et l’endroit où l’on doit débattre des conditions d’exercice de nos maires, du statut de l’élu local, du statut des salariés des communes, des agents communaux, mais aussi des financements pour réaliser leurs opérations. Le CGCT est un bon texte sur le plan des objectifs : l’eau potable pour tout le monde, l’assainissement, le traitement des déchets, c’est très bien. Par contre, le calendrier ne correspond pas aux réalités polynésiennes. Nous sommes un pays d’océan, grand comme l’Europe. Nous avons des îles, éparpillées sur une grande surface. Et nous sommes de petites communautés numériques. Ça coûte trop cher, et on ne peut pas faire porter des redevances trop chères sur nos concitoyens. Donc c’est un vrai enjeu le CGCT. le sénateur doit obtenir la révision de ce CGCT ou alors notre extraction du CGCT comme en Nouvelle-Calédonie qui a choisi d’avoir un Code des communes particuliers. »

Mais le contexte est un peu différent aujourd’hui avec la covid-19. Ça ne va pas être un peu plus compliqué ?
« Ce sont des combats, assurément, parce qu’il y a des problèmes en métropole également. Nos amis antillais, nos amis des DOM se battent aujourd’hui. Il est important que nous allions unis à Paris avec Lana pour faire entendre notre voix et notre différence aussi. Nous sommes des collectivités d’outre-mer, nous sommes un peuple également polynésien, mais nous sommes fiers également d’appartenir à cet ensemble français. Mais il est important que l’on reconnaisse notre différence et que les moyens soient mis, adaptés à la grandeur de notre pays et à cette surface maritime que nous avons à gérer. »

Concernant le nucléaire, Nicole Sanquer a présenté un amendement qui a été rejeté à l’assemblée nationale. C’est toujours compliqué de faire avancer les dossiers sur le nucléaire. Quels sont vos projets et vos stratégies pour faire aboutir ces projets ?
« La première leçon qu’on doit tirer de tout ça : ce n’est pas en allant séparer, en allant isoler, qu’on va faire avancer quelque cause que ce soit. Et encore plus celle du nucléaire. On ne peut pas se servir de n’importe quel cavalier législatif pour faire des amendements. On ne peut pas faire de politique politicienne avec ce sujet. Il est trop important pour qu’on aille disperser à Paris. C’est le message qu’avec madame Tetuanui nous adressons à tous les grands électeurs. Il est important de privilégier cette unité. C’est un sujet qui doit être évoqué, effectivement au plus haut de l’Etat, pas par amendement comme ça, auprès du Premier ministre, voire auprès du président de la République, mais il faut aussi aller de concert avec le président de la Polynésie française, celui qui est habilité par la population polynésienne à parler au nom du pays. »

Quels seraient vos projets pour faire avancer le dossier de l’indemnisation ?
« Faire progresser cette cause nucléaire. Nous devons encore, s’il le faut, amender cette loi Morin, ou alors changer de loi effectivement. Il n’y a pas de tabu sur le sujet (…) C’est ce que demande tout le monde, mais je crois qu’il ne faut surtout pas politiser le sujet. C’est un sujet sociétal, c’est un sujet qui nous intéresse tous et Lana et moi nous engageons à faire progresser, d’abord l’indemnisation des personnes qui ont été touchées par ces essais nucléaires, et puis globalement la réparation puisque vous savez qu’il y a des conséquences également environnementales sur notre pays. »

La liste que vous conduisez avec Lana Tetuanui du tapura Huiraatira, avec une grande avance pour ces sénatoriales… Vous êtes confiants ?
« Aucun combat n’est gagné d’avance surtout en politique. Vous savez, il nous reste quelques jours. Nous poursuivons nos rencontres avec les tavana. je tiens à remercier tous ceux qu’on a pu rencontrer. On a rencontré les tavana de tous bords politiques. Je remercie le Tapura qui nous porte dans cette élection mais nous souhaitons siéger au nom de tous. Ce qui est important c’est que la réalité de nos communes, les difficultés d’exercice de nos maires, soient mises en avant au Sénat, mais que nous puissions aussi siéger au nom de tous les Polynésiens. Parce que nous avons aussi nos étudiants, nos militaires, nos agents de l’Etat qui souhaitent revenir travailler en Polynésie. On ne va pas manquer de boulot à Paris mais c’est au Seigneur d’en décider et surtout aux grands électeurs dimanche. »

L’interview de Lana Tetuanui

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