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Sénatoriales : « La seule façon d’avoir une République démocratique, c’est consulter le peuple le plus souvent possible » estime Paul Bontour

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13 candidats se présentent aux élections sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre. Paul Bontour se présente comme candidat libre :

Publié le 19/09/2020 à 12:20 - Mise à jour le 19/09/2020 à 12:21
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13 candidats se présentent aux élections sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre. Paul Bontour se présente comme candidat libre :

Vous vous présentez en tant que candidat libre au côté de Mareva Ratat. Quel est votre parcours ?
« Mon parcours… C’est un peu compliqué mais je vais faire simple : je suis un citoyen comme tous les Polynésiens, un citoyen polynésiens. Je suis juste le porte parole de notre mouvement, le groupe No una patitifa qui est affilié à la France insoumise. »

En tant que citoyen justement, ce n’est pas facile de participer à une telle élection. Qu’est-ce qui vous a motivé ?
« Ce qui nous motive, parce que ce n’est pas ma personne qui est importante, ce sont les messages qu’on a besoin de faire passer. C’est que déjà, cette élection c’est un peu « pipoté » on va dire. Ce n’est pas une élection comme on l’imaginerait dans une réelle démocratie. C’est comme pour la présidence, le président du Pays : ce ne sont pas les citoyens qui l’élisent, ce sont des grands électeurs, donc des gens qui sont déjà inféodés à des partis politiques locaux. Donc ils ne peuvent pas se prononcer sinon on leur coupe les vivres. On sait très bien que c’est très difficile pour eux de changer d’avis, même si beaucoup sont des girouettes et retournent leurs vestes assez souvent. »

Dans votre projet, vous voulez changer ce système politique, clairement. Et instaurer une VIe République pour mettre en place une démocratie représentative et participative. Qu’est-ce que vous reprochez concrètement à la République actuelle ?
« Le rôle du président est trop important, il n’y a pas d’écoute du public, on le voit en métropole par exemple. À chaque fois qu’il y a eu des consultations que ce soit sur l’environnement ou sur d’autres sujets, avec des groupes de travail, le président en place n’en a pas tenu compte. Un revers de la main et hop il a écarté tout ça. »

Comment vous la voyez la VIe République ?
« La seule façon d’avoir une République démocratique, c’est d’instaurer des référendums, consulter le peuple le plus souvent possible. Et pouvoir révoquer les élus s’ils trahissent leur parole. »

Vous voulez aussi redonner leur véritable rôle aux communes grâce à des budgets conséquents. Ça se traduirait comment et où est-ce que vous trouverez les financements ?
« Les financements il y en a plein dans notre fiscalité. La Polynésie a beaucoup d’argent, elle reçoit beaucoup d’argent de la métropole, de l’Europe. Par contre le problème, c’est que cet argent est très mal redistribué. Avec nous, si on y arrive, des choses comme la défiscalisation, ça n’existera plus. L’argent n’ira plus aux entreprises privées. »

Pourquoi vous pensez que les communes n’ont pas leur véritable place ?
« Elles n’ont pas assez de moyens financiers, c’est tout. le premier secteur d’actions pour renforcer la cohésion sociale dans un pays, surtout un pays éparpillé comme la Polynésie, c’est d’avoir des moyens d’agir localement. Or ces moyens, les atolls éloignés, les îles éloignées, ne l’ont pas à l’heure actuelle. (…) On prévoit de mettre aussi une régie des transports publics et pas privés, pour acheminer, que ce soit l’alimentaire ou autre dans toutes les îles, dans tous les archipels. Et aussi, ce qui permettrait que les tarifs qui sont pratiqués dans les îles, soient exactement les mêmes qu’à Tahiti. Ce n’est pas normal qu’au bout des Tuamotu ou à Rurutu, on paie l’énergie beaucoup plus cher, qu’on paie nos simples aliments beaucoup plus cher qu’à Tahiti. C’est une question de solidarité. »

L’énergie, on en parle justement puisque l’environnement est un des thèmes très présent de votre programme. La montée des eaux est une véritable problématique dans les territoires d’outre-mer. Comment faire face au réchauffement climatique selon vous ?
« C’est le gros challenge qu’on va tous devoir relever. Et je m’aperçois quand je vois les prises de position du territoire par rapport à ça, qu’on a l’impression qu’il n’y a pas de programme. »

Le votre c’est lequel ?
« C’est une consultation générale, un audit, voir comment on va faire pour ces populations. Elles vont être submergées. On le voit dans les autres pays du Pacifique. Ça commence déjà. L’échéance est très proche. C’est 15 ans. Dans 15 ou 20 ans c’est fini. Alors là on nous propose des programmes pour 20 ans, 25 ans. Est-ce qu’on parle de ces sujets là là-dedans ? Non. En tout cas pas d’une façon sérieuse. (…) On continue à prévoir des infrastructures en bord de mer qui vont nous coûter des fortunes alors qu’on sait que tout ça va être submergé. »

Par rapport à cette crise sanitaire qui ne peut pas être occultée de ce débat, quel est votre sentiment sur la situation ?
« Je ne suis pas taote, ni épidémiologiste. La seule question que je me pose c’est pourquoi la Polynésie comme la France, puisqu’on est Français, c’est le seul pays au monde où l’on interdit l’usage aux praticiens de la chloroquine pour les patients ? »

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