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Plus d’un millier de personnes défilent pour commémorer le premier tir atmosphérique

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Publié le 02/07/2019 à 10:16 - Mise à jour le 11/07/2019 à 14:28
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Moruroa e tatou d’un côté, l’association 193 de l’autre, ils ont marché ce mardi matin jusqu’à Tarahoi pour commémorer le premier tir atmosphérique en Polynésie le 2 juillet 1966. Et protester une nouvelle fois contre les effets du nucléaire sur la population.

Les associations ont rencontré un représentant de l’État. « Ça s’est toujours bien passé avec les représentants de l’État. Bien sûr nous avons des idées très marquées, opposées, mais nous ne pouvons pas nous taire évidemment. Nous devons dénoncer ce que nous avons dénoncé depuis longtemps, depuis le début des essais nucléaires », déclare Taaroanui Maraea président de l’Église protestante Maohi.

Le leader indépendantiste Oscar Temaru, dit ne plus rien attendre de la France : « Ça fait plus de 50 ans qu’on descend dans la rue (…) Il y a cette volonté de l’État colonialiste de ne pas tenir compte des problèmes que connait cette population. »

> Faire du 2 juillet, un jour férié

La volonté des associations est que la France « reconnaisse vraiment et répare les effets de la bombe », déclare Père Auguste, membre de 193. L’autre objectif est celui d’ancrer la date du 2 juillet dans l’histoire : « c’est un devoir de mémoire. Il faut que ça figure dans le contenu pédagogique que l’on enseigne aux enfants dans les écoles. C’est une partie importante de notre histoire », estime Oscar Temaru.
Certains aimeraient faire du 2 juillet, un jour férié : « Ce n’est pas le plaisir de demander un autre jour férié pour avoir plus de vacances, explique  Taaroanui Maraea. Mais c’est simplement pour que ce soit inscrit dans notre mémoire collective, que c’est un jour qui a marqué le destin de notre peuple et de ce fenua. C’est ce qui est important. »

>>> Lire aussi : Commémoration du premier tir atmosphérique : Moruroa e tatou rencontrera un représentant de l’Etat

En vidéo, l’interview de Taaroanui Maraea président de l’Église protestante Maohi. 

L’association 193 avait installé des cercueils en carton sur le monument aux morts en face du haut-commissariat : « Il y a 193 cercueils et sur certains il y a des numéros. Ces numéros symbolisent une personne décédée que nous avons accompagnée. Il y en a des milliers dans ce Pays, mais parmi ceux que nous avons retenus il y a des dossiers qui ont été rejetés. Derrière un numéro il y a une histoire et un décès », explique Père Auguste.

Les associations demandent aussi la suppression de la Loi Morin, « qu’elle soit remplacée par une autre loi », déclare Taaroanui Maraea. Le but est que l’indemnisation des victimes puisse s’accélérer.

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