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Oscar Temaru : « Si nous sortons de cette crise avec la même mentalité (…) je pense que ça n’aura servi à rien »

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Alors que le parti indépendantiste Tavini Huiraatira fête le 7e anniversaire de la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser, Oscar Temaru, leader du parti bleu, nous donne sa vision de l'histoire et de la crise actuelle :

Publié le 17/05/2020 à 13:11 - Mise à jour le 17/05/2020 à 13:12
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Alors que le parti indépendantiste Tavini Huiraatira fête le 7e anniversaire de la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser, Oscar Temaru, leader du parti bleu, nous donne sa vision de l'histoire et de la crise actuelle :

Pour vous on ne parle pas assez de la réinscription, et si ce n’est pas prévu à l’école, vous pensez que ça doit se faire en famille…
« Le grand Nelson Mandela disait : « l’arme la plus puissante pour changer le monde, c’est l’éducation », et je ne comprends pas pourquoi la vraie histoire de notre Pays n’est pas enseignée à l’école. Par exemple, la réinscription de notre Pays sur la liste des Pays à décoloniser depuis 1946, notre pays figurait sur cette liste. Notre pays a été retiré en 1947. C’est une décision unilatérale du général De Gaulle à l’époque et puis, juste avant les essais en 1963 pour pouvoir faire les essais comme ils veulent. On a retiré sans dire mot à qui que ce soit. Il n’y a pas que nous, il y a la Nouvelle-Calédonie. Pourquoi on enseigne pas ça dans les écoles ? (…) »

Est-ce que ce n’est pas un message ambigu en tant que leader politique de demander aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école ?
« Ce n’est pas « ne pas envoyer l’enfant à l’école. C’est les garder à la maison et prendre ce temps justement pour approfondir la réflexion sur l’avenir. Nous allons sortir de cette crise. Si nous sortons de cette crise avec la même mentalité, avec le même comportement, comme si de rien n’était, je pense que ça n’aura servi à rien. Ça doit nous permettre de nous poser des tas de questions sur l’avenir, notre avenir à nous. C’est quoi, le développement durable ? On parle d’emprunt à gauche, à droite, pourquoi faire ? »

Comment est-ce que vous, vous verriez la situation si vous étiez président de la Polynésie actuellement ? Est-ce que, comme Nuihau Laurey ou Gaston Flosse, vous demanderiez un emprunt massif pour soutenir l’investissement ?
« Vous savez, avant la réinscription de notre Pays, la seule possibilité c’est d’emprunter auprès des banques françaises. Et les taux d’emprunt, ce n’est pas nous qui les fixons. Aujourd’hui, s’il y a une volonté d’accéder un jour à l’indépendance, il est tout à fait possible de frapper à la porte du Fonds monétaire international ou des banques mondiales, de la banque asiatique de développement. Il y a des tas de possibilités. Le fonds monétaire international vient de prêter de l’argent à une vingtaine de pays africains. On leur prête de l’argent, ces pays gardant tout leur droit de souveraineté. Voilà toute la différence. Ici on nous garde notre droit de souveraineté et on nous prête de l’argent. Non, non, non. »

Les taux sont faibles en ce moment. Est-ce que vous seriez favorable à un emprunt massif ?
« Vous savez, on raconte beaucoup de choses, on dit aussi que la garanti de l’Etat dure 5 ans. C’est-à-dire que ces prêts là, il faut les rembourser en 5 ans. Ça veut dire que ça va être des taux d’intérêt très hauts.
Il y a cette deuxième possibilité mais il faut se poser la question « pourquoi faire ? » Si c’est pour entretenir la danseuse, c’est pas la peine. »

Donc où est-ce que vous investiriez si vous étiez président actuellement ?
« Ça fait plusieurs décennies que nous parlons de gros travaux d’infrastructure dans notre pays, notamment les Marquises. On sait très bien qu’il y a plus de Marquisiens qui vivent ici à Tahiti qu’aux Marquises. Et qui va développer les Marquises si tout le monde vient ici ?
Il faut nous rapprocher de Hawaii, 50e Etat américain. Il y a 8 millions de touristes qui vont à Hawaii tous les ans. Il y a une part de marché qu’on peut récupérer. Mais il faut avoir ce qu’il faut. Cest-à-dire de gros travaux d’infrastructures portuaires et aéroportuaires, mais l’outil indispensable c’est ce qu’on appelle en anglais The rule of law, c’est-à-dire que ce Pays doit avoir une Constitution. Que chacun reste à sa place : les finances à leur place, les politiques à leur place, les développeurs à leur place. Chacun dans son domaine. Or ici, c’est pour ça que les investisseurs étrangers ne sont pas très intéressés à venir chez nous. »

Cette crise est aussi une crise sanitaire. Vous prônez un mode de vie sain en insistant sur le jeûne. Les médecins ont contesté vos propos lorsque vous avez dit que ça pourrait permettre d’éviter la covid. Mais vous, qu’est-ce que vous a apporté le jeûne ?
« Vous savez, quand on voit tout ce qui est importé dans notre pays, on sait que tout ce qui est viande et tout ça, c’est nourri aux hormones. Alors que les plus grands spécialistes du monde déconseillent de consommer tout ce qui est protéine animale. Ces protéines on peut les retrouver dans nos produits à nous, protéines végétales pour avoir une meilleure santé. Donc ça veut dire que nous avons tout à gagner. Il y a un travail de zonage à faire pour tout ce qui est pour l’agriculture. Il faut réserver ces terres-là pour l’agriculture. C’est ça le développement durable. Et ensuite consommer. Nous avons tout à gagner, aussi bien sur le plan économique que sur le plan sanitaire. »

Gaston Flosse jeudi sur notre antenne, a dit qu’il serait peut-être candidat aux prochaines territoriales. Est-ce que si c’était le cas, ce serait contre vous ?
« Si Dieu le veut. On ne sait pas de quoi sera fait demain. C’est Lui le maître de tout. On verra ça à ce moment-là. »

Mais votre volonté à vous c’est de continuer ?
« Tant qu’on pourra se battre pour ce pays, on sera là quoi qu’il arrive. »

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