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Nucléaire : L’Assemblée nationale étudie sans les parlementaires polynésiens un projet de loi qui réintroduit le risque négligeable

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L’Assemblée nationale étudie, ce jeudi à Paris, un projet de loi portant diverses mesures sur l’urgence face au Covid-19. Un alinéa imposant la contrainte du seuil de 1 millisievert, pour les indemnisations des Polynésiens victimes du nucléaire ayant présenté un dossier, y a été glissé. Une aberration pour le député Moetai Brotherson.

Publié le 14/05/2020 à 10:45 - Mise à jour le 15/05/2020 à 7:49
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L’Assemblée nationale étudie, ce jeudi à Paris, un projet de loi portant diverses mesures sur l’urgence face au Covid-19. Un alinéa imposant la contrainte du seuil de 1 millisievert, pour les indemnisations des Polynésiens victimes du nucléaire ayant présenté un dossier, y a été glissé. Une aberration pour le député Moetai Brotherson.

Le député Moetai Brotherson n’en a eu connaissance qu’hier grâce à la vigilance de ses collaborateurs à Paris. Un alinéa qui vient réintroduire le risque négligeable dans l’instruction de tous les dossiers de demande d’indemnisation des victimes des essais nucléaires a été glissé dans un projet de loi étudié ce jour à l’Assemblée nationale. « Et tenez-vous bien, ce n’est pas un projet de loi sur le nucléaire, non ! C’est un projet de loi portant diverses mesures sur l’urgence face au covid-19, précise le député. Et dans ce projet de loi, à l’article 2 ter, ils viennent introduire un alinéa qui, ni plus ni moins, dit que tous les dossiers, y compris ceux avant 2019, et donc avant le dépôt de l’amendement Tetuanui, seront contraints par cette contrainte du millisievert ! »

« Je pose la question à l’Etat : qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ? »

Moetai Brotherson est « choqué » de la manière dont cela a été fait. Car « ce texte avait déjà été examiné au Sénat, mais pas dans un texte sur le nucléaire, dans un cavalier législatif, un truc que personne n’a vu. Ils auraient pu l’inscrire dans les deux semaines qui suivaient à l’Assemblée nationale, pendant que j’étais là-bas, pendant que Maina était là-bas, pendant que quasiment tous les parlementaires polynésiens étaient là-bas, s’insurge-t-il. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont attendu qu’on soit tous ici, qu’on soit tous revenus, pour l’inscrire. Donc il y a un texte sur le nucléaire, qui est un sujet qui nous concerne nous au premier chef -les essais ont eu lieu ici, pas à Brest, pas au Havre-, et il n’y a pas de parlementaires polynésiens à l’Assemblée nationale pour en discuter. Moi je suis outré. Et je pose la question à l’Etat : qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ? »

Un amendement de retrait déposé

Le député a déposé un amendement de retrait qui doit être examiné aujourd’hui. Il rédigera également un courrier au président de la République et au Premier ministre pour pointer cette affaire du doigt. « J’espère que les associations vont se lever, j’espère que mes collègues ne vont pas laisser passer ça, poursuit Moetai Brotherson, qui espère aussi que son amendement de retrait sera voté, et qu’on ne fera pas cet ignominie. Mais si ce n’est pas le cas, si je suis tout seul à crier, ça servira à rien. »

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