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Nouvelle-Calédonie – Pour Oscar Temaru, « c’est un moment historique »

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Publié le 04/11/2018 à 16:41 - Mise à jour le 04/11/2018 à 16:41
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Le non à l’indépendance l’a emporté avec 56,4% des voix contre 43,6% pour le oui. Vous attendiez-vous à un tel résultat ?
« Je pense qu’ici, j’étais peut-être un des seuls qui souhaitait et qui s’attendait à un tel score. Parce que nous avons bien travaillé là-bas avec les collègues corses, ceux du FLN… on a sillonné pas mal. À Païta, c’est la première fois que je voyais ça. Cela fait pas mal d’années que je vais à Nouméa, à chaque fois on se rencontre avec les Kanaks, nous sommes entre nous… et ce soir-là, on a été accueillis par un groupe de danse Wallisien. Il y avait des Tahitiens, des Caldoches, quelques Popa’as.. de tout ! Et je les ai félicités ! Voilà ce que l’on souhaite pour la Nouvelle-Calédonie, et pas quelque chose de fermé. À partir de là, j’ai fait un appel au niveau des confessions religieuses, car c’est aussi grâce à elles que la Nouvelle-Calédonie a été réinscrite. Il y a eu le soutien des églises pour leur dire de ne pas s’arrêter à mi-chemin, de faire le boulot jusqu’au bout. Pour moi, c’est un moment historique. Nous avons essayé aussi de rencontrer les frères de l’USTKE. Ça m’a beaucoup touché le fait de ne pas les voir avec les autres. On a essayé de calmer le jeu. Mais je sentais bien que la population Kanak en voulait. Ça se sent quand on a l’expérience du terrain politique. On savait qu’il allait se passer quelque chose. »

Quelle est votre interprétation de ce score ?
« C’est cette envie de tout un peuple d’être libre, et quand on n’a pas été dans cette situation, on ne peut pas comprendre. Ils ont souffert, ils veulent en finir avec tout cela. Il faut qu’au niveau de l’État, on accomplisse la mission d’accompagnement comme tous les pays colonisateurs. Je sais qu’il y a des difficultés. On a mis en place une économie complètement artificielle, comme ici, et c’est ça le hic. Durant les dépouillements, un professeur expliquait que tout l’argent de la France investi là-bas allait dans les poches des particuliers. Et cet argent aujourd’hui, tout le monde le sait, va en Nouvelle Zélande, en Australie… »

Qu’allez-vous faire en vue des prochains référendums ?
 » ​Je pense qu’il ne faut pas aller trop vite. Ces résultats vont être analysés par les partis politiques, les comités de décolonisation de l’ONU, et l’État lui-même. Les discussions auront sérieusement lieu après les Provinciales en mai. »

Les Polynésiens aussi devront se prononcer sur leur futur ?
« Oui, cela ira dans ce sens. Nous allons nous réunir pour rappeler à l’État que notre Pays a été réinscrit sur la liste des pays à décoloniser, et que dorénavant, ce sera des discussions tripartites et non plus bipartites comme cela s’est toujours fait depuis 40 ans. C’est tout un peuple qui attend. »
 

Laure Philiber

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