Moetai Brotherson interpelle le gouvernement central sur l’utilisation des plantes endémiques de Polynésie

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Mardi en métropole, le député Moetai Brotherson, a interppelé le gouvernement central sur l'utilisation des plances éndémiques du fenua dans la pharmacopée.

Publié le 14/03/2023 à 15:02 - Mise à jour le 16/03/2023 à 12:36

Mardi en métropole, le député Moetai Brotherson, a interppelé le gouvernement central sur l'utilisation des plances éndémiques du fenua dans la pharmacopée.

« Ma question s’adresse au ministre de la Santé : la Polynésie est une collectivité d’Outre-mer à statut particulier qui a la compétence de la santé, mais bizarrement, pas celle des médicaments, a souligné l’élu indépendantiste. Il en résulte une situation un peu bancale où tout un ensemble de plantes endémiques utilisées depuis le fond des âges pour soigner chez nous, se retrouvent interdites d’utilisation », a déclaré le député. « Interdites d’utilisation parce qu’à défaut d’être inscrites à la pharmacopée nationale, ce qui suppose un long processus de reconnaissance via l’ANSM, elles sont tout simplement interdites puisque non autorisées. Ces plantes, ces savoirs, sont finalement menacés aujourd’hui soit d’extinction, et de disparaitre de la mémoire collective faute de pouvoir les utiliser correctement, ou alors sont sujettes à la biopiraterie de grands groupes qui viennent, étudient ces plantes, déposent des brevets et dépossèdent finalement les Polynésiens de leur patrimoine naturel. Ma question ne vise pas à opposer le gouvernement national à la collectivité de Polynésie, mais plutôt à savoir comment est-ce qu’on peut établir des passerelles entre l’executif polynésien et les exigeances compréhensibles de sûreté du médicament pour que cette médecine traditionnelle, ces tradi-praticiens, puissent trouver leur place au sein de la République et garder la place qui est la leur depuis le fond des âges en Polynésie. »

C’est Olivier Véran porte-parole du Gouvernement, qui a répondu, rappelant la mission de l’ANSM : « Je comprends votre question et de fait, c’est vrai que la pharmacopée, pour une grande partie d’entre elle, relève de l’exploitation de plantes, de racines, issues de toute la planète. Je ne ferais pas la liste ici de tous les médicaments d’usage courant qui sont directement issus de l’exploitation des plantes. Et ils ont un point commun tous ces médicaments issus des plantes, c’est qu’ils ont franchi des étapes de validation scientifique sur les effets positifs, sur les effets potentiellement toxiques et donc délétère, avec des études qui permettent de définir quelle est la dose précise de telle molécule, y compris celles issues des plantes qui permettent de guérir. Et éviter par là même d’agraver certaines maladies. Il en va ainsi dans le monde entier, ce qui ne veut pas dire qu’on ne veut pas de poser les bonnes questions et qu’il n’est pas question d’exploiter tout ce qui peut l’être sur la planète y compris en matière de plantes issues de Polynésie française. »

Olivier Véran a rappelé l’engagement de la métropole pour « favoriser l’exploitation scientifique de toutes les ressources naturelles des territoires ultra-marins. On accompagne en cela les scientifiques, les laboratoires pour pouvoir le faire. Si la question est de dire « est-ce qu’on peut avoir une reconnaissance dérogatoire sans passer par les fourches caudines de l’agence de sécurité des médicaments pour reconnaitre une plante comme un medicament », le simple intitulé de l’agence nationale de sécurité du médicament m’oblige à vous répondre « non ». En revanche, il s’agit de savoir comment vous aider à pouvoir faire reconnaître au mieux les indications éventuelles de telle ou telle plante dans telle ou telle pathologie, alors là la science fourmille d’idées et nous avons encore une fois l’intention de pouvoir accompagner l’exploitation de la flore polynésienne. »

Au fenua, l’Institut Louis Malardé a lancé un programme de recherches. Une pépinière rassemblant les plantes locales utilisées dans les ra’au Tahiti est en projet sur le site de Paea.

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