Mission sénatoriale : révision du statut au menu des échanges avec le Tāvini Huira’atira

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Après Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et les Antilles, c’est au tour de la Polynésie française d’accueillir une mission d’information du Sénat. L’occasion pour la délégation de prendre le pouls de la vie politique et institutionnelle locale, et pour le parti indépendantiste au pouvoir, de partager sa vision d’une évolution statutaire.

Publié le 13/04/2024 à 10:11 - Mise à jour le 22/04/2024 à 10:04

Après Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et les Antilles, c’est au tour de la Polynésie française d’accueillir une mission d’information du Sénat. L’occasion pour la délégation de prendre le pouls de la vie politique et institutionnelle locale, et pour le parti indépendantiste au pouvoir, de partager sa vision d’une évolution statutaire.


Dix jours pour voir la Polynésie française de plus près, comprendre son organisation et ses spécificités locales : c’est l’objectif de la délégation sénatoriale de la commission des lois. « Nous voulions voir les choses en réel, pas seulement dans des rapports ou dans des débats qui peuvent d’ailleurs avoir lieu au Sénat. Nous voulions un contact direct. Plus précisément, ce qui nous intéresse, c’est le fonctionnement institutionnel de la Polynésie, son organisation, les difficultés qu’elle peut rencontrer dans la vie de ses institutions, de relever les problématiques et potentiellement d’apporter une réponse législative si cela est nécessaire » explique François-Noël Buffet, sénateur du Rhône, président de la commission des lois constitutionnelles.

Après une rencontre avec le haut-commissaire, direction la présidence. Au-delà des relations État-Pays, de la place de la Polynésie dans le Pacifique ou sur la scène internationale, les discussions ont débouché sur les questions d’évolutions statutaires, chères au Tavini. « Pour moi, c’est important parce que ça m’a permis de clarifier les choses en leur disant, voilà aujourd’hui, je suis président issu d’un parti indépendantiste, mais de la Polynésie française dans le contexte constitutionnel qui est le nôtre aujourd’hui. Voilà quelle est ma vision des choses sur les possibilités, les nécessités d’évolution. Et expliquer au sein du mouvement indépendantiste les divergences entre le camp autonomiste et le camp indépendantiste sur ces sujets, en tout cas ma perspective et même au sein du mouvement indépendantiste, les différents courants d’idées. Ce n’est pas un secret, on a le même objectif, mais on n’a pas forcément tous exactement la même idée du parcours pour y arriver » indique Moetai Brotherson.

C’est ensuite à la 3ème institution du Pays que s’est rendue la délégation, où il est question d’indépendantisme et de souveraineté. « Ils sont venus rencontrer les élus de l’Assemblée pour évoquer avec eux la nécessité de faire évoluer les dispositions statutaires qui prévalent actuellement dans notre Pays. Le message de la majorité actuelle, c’est celui de l’accession de ce pays à sa souveraineté. Donc, ils ont bien noté que notre évolution, c’est plus vers un pays doté d’une constitution et souverain et à part entière » déclare Antony Géros, président de l’APF.

Après les institutions, les sénateurs vont notamment auditionner les partis politiques, l’ordre judiciaire et les services des finances publics. Dans les prochains jours, ils poursuivront leur tour d’horizon du fenua aux Marquises et aux îles Sous-le-Vent.

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