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Le Tahoeraa Huiraatira conteste la gestion de la crise

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Depuis le début de l’épidémie de covid-19, Gaston Flosse a adressé plusieurs lettres ouvertes au président Edouard Fritch pour contester sa gestion de la crise. Le président du Tahoeraa Huiraatira préconise un emprunt de 60 à 80 milliards de Fcfp pour investir dans de gros chantiers productifs, de type Mahana Beach, avec remboursement différé sur 5 ans pour commencer à rembourser une fois que les recettes tomberont.

Publié le 15/05/2020 à 10:26 - Mise à jour le 15/05/2020 à 11:00
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Depuis le début de l’épidémie de covid-19, Gaston Flosse a adressé plusieurs lettres ouvertes au président Edouard Fritch pour contester sa gestion de la crise. Le président du Tahoeraa Huiraatira préconise un emprunt de 60 à 80 milliards de Fcfp pour investir dans de gros chantiers productifs, de type Mahana Beach, avec remboursement différé sur 5 ans pour commencer à rembourser une fois que les recettes tomberont.

Cette semaine vous avez écrit à Edouard Fritch qu’il devrait avoir honte de traiter ainsi Nuihau Laurey, mais surtout qu’il n’a pas de stratégie économique. Quelle aurait été la vôtre si vous aviez été au pouvoir ?
« D’abord il faut remercier le Seigneur qui nous a épargné cette épidémie, vraiment on s’en sort très très bien. Maintenant, l’après coronavirus est également une épreuve difficile. Et il ne faut pas confondre la reprise de l’activité. C’est le cas, on a ouvert les magasins, le marché, les snacks, les roulottes… Mais le tourisme, la perle, le poisson, l’essentiel de nos recettes extérieures, il n’y en a plus. Et donc il faut reprendre, et comment reprendre ça ? Il n’y a pas d’autre moyen que d’investir, mais massivement. Il faut emprunter de l’argent. Et puisque l’Etat est disposé à nous prêter de l’argent, empruntons à l’Etat. Et ce n’est que par des investissements publics que nous pouvons nous en sortir et sortir les entreprises qui sont en faillite et puis donner du travail. »

Le Mahana Beach par exemple, c’est ça le type d’investissement auquel vous pensez ?
« C’est le tourisme d’abord, faire en sorte que nous ayons davantage de chambres. Je m’excuse de revenir encore sur le Mahana Beach. Mais Mahana Beach, c’est 300 000 touristes par an. Il faut préparer l’arrivée de ces touristes, investir, préparer déjà Outumaoro, les remblais, les plantes et puis aller chercher les investisseurs. Ce chantier-là c’est 5-6 ans avec 8 000 à 10 000 personnes dessus. Je peux dire que nous sommes sauvés. Il n’y a pas d’autre moyen, ce n’est pas avec de petits CAE, des petits CAES, c’est du joujou ça. »

C’est ce que vous dites dans votre courrier, que les CAE et les CAES sont des joujoux d’Edouard Fritch, des distributions de bonbons. Ça nous rappelle aussi une autre phrase que vous avez prononcée : l’élève a dépassé le maître…
« Oui, peut-être… mais pour revenir à Nuihau Laurey, je regrette vraiment qu’Edouard Fritch l’ait pris mal. Je sais qu’il a écrit à plusieurs reprises au président, mais le président n’a pas répondu à ses lettres, il ne l’a pas convoqué, discuté avec lui. Nous avons voulu promouvoir les jeunes, on parle beaucoup dans nos discours que les jeunes c’est l’avenir. Voilà un jeune intelligent. Aujourd’hui si nos finances sont vraiment florissantes, c’est grâce au travail de Nuihau Laurey. Il ne faut pas oublier la refonte de notre fiscalité qu’il a présentée à l’assemblée le 13 juillet 2013, qui fait que aujourd’hui nous avons une fiscalité vraiment à l’aise. »

Que pensez-vous de la stratégie du gouvernement de s’orienter vers du tourisme intérieur pour permettre au secteur de relever un peu la tête en attendant le retour des touristes internationaux ?
« Oui, bien sûr, mais ça va être les petits hôtels, ça va être les pensions de famille… Mais c’est le même argent. C’est la reprise de l’activité, c’est tout. Mais ça ne va pas faire venir de l’argent frais, nouveau, de l’extérieur, et c’est cela dont nous avons besoin. Et pour le faire venir, ce sont de gros investissements. Il faut le faire. »

Vous ne craignez pas que ces gros emprunts dont vous parlez pèsent sur les générations futures ?
« Non, c’est la raison pour laquelle je dis qu’il faut investir dans du productif. Par exemple dans le tourisme ça va produire de l’argent, dans la pêche également, dans la perliculture. Il faut faire ressusciter cette perliculture qui est morte aujourd’hui. Il faut reprendre des règles rigoureuses. A l’époque c’était plus de 25 milliards par an. Il y avait un autre secteur également qui était intéressant, ce sont les retraités. Ces retraités métropolitains qui venaient ici, qui s’installaient ici. C’est également une source de revenu pour le pays. »

Vous êtes aussi opposé à un second tour des élections municipales le 21 juin. Est-ce que vous seriez opposé à ce second tour, même si la Polynésie était déconfinée fin mai comme elle en prend le chemin ?
« Le Amuitahiraa no Papeete ne peut pas se présenter au second tour parce que… pour quelle raison d’ailleurs le haut-commissaire nous a complètement éliminés ? Je n’étais pas inscrit sur la liste électorale de Papeete, que je sois éliminé, c’est possible, mais pas toute la liste. Il a jeté dehors tout le monde. Alors nous avons décidé de soutenir Tauhiti Nena. Je fais appel au Amuitahiraa no Papeete et au Tahoeraa Huiraatira de soutenir ce jeune qui a fait ses preuves, qui est déjà au conseil municipal, qui connaît le métier. »

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines territoriales ?
« J’aurai 92 ans. Ça va dépendre. Pour l’instant je suis en bonne santé, la tête marche bien. Nous verrons à ce moment-là. »

REPORTAGEMike Leyral

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