dimanche 25 octobre 2020
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L’ancien président Jacques Chirac est mort

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Jacques Chirac, acteur omniprésent de quatre décennies de la vie politique française et internationale, est mort jeudi matin à son domicile parisien à l'âge de 86 ans, a annoncé à l'AFP le gendre de l'ancien président.

Publié le 26/09/2019 à 6:17 - Mise à jour le 26/09/2019 à 11:22
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Jacques Chirac, acteur omniprésent de quatre décennies de la vie politique française et internationale, est mort jeudi matin à son domicile parisien à l'âge de 86 ans, a annoncé à l'AFP le gendre de l'ancien président.

L’ancien chef de l’Etat s’est éteint « dans la matinée, à son domicile » de la rue de Tournon (VIe arrondissement), « très paisiblement, sans souffrir, et entouré de sa famille », a déclaré Frédéric Salat-Baroux.

« Les Français qui souhaitent rendre hommage à Jacques Chirac pourront, dans les jours qui viennent, venir se recueillir auprès de lui, dans un lieu qui reste à définir », a-t-il poursuivi.

Les hommages ont afflué aussitôt après l’annonce du décès de celui qui présida la France pendant douze ans (1995-2007), apogée d’une vie tout entière consacrée au pouvoir, avant d’affronter la maladie pendant de longues années.

« C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui », a commenté Nicolas Sarkozy, son successeur immédiat à l’Élysée, tandis que François Hollande saluait « un combattant » qui « avait su établir un lien personnel avec les Français ».

Le président Emmanuel Macron prononcera à 20 heures (8 heures à Tahiti) une allocution télévisée en hommage à son prédécesseur. Le chef de l’État a renoncé à se rendre à Rodez, où il devait lancer le débat national sur les retraites, dans la soirée. M. Salat-Baroux a précisé que M. Macron « souhaite passer présenter les condoléances de la nation à la famille Chirac » au domicile du défunt.

De l’étranger, la chancelière allemande Angela Merkel a salué « un formidable partenaire et ami », et le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a considéré qu’« aujourd’hui, l’Europe perd une de ses figures de proue, la France un grand homme d’État et moi un ami fidèle ». Le Premier ministre libanais Saad Hariri a salué l’un des « plus grands hommes » de la France.

Dans le monde politique français, une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale, ainsi qu’au Sénat, où le décès a été annoncé en séance.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a salué le président « capable de s’opposer à la folie de la guerre en Irak », tandis que son père Jean-Marie, battu par M. Chirac au second tour de la présidentielle en 2002, estimait que « mort, même l’ennemi a droit au respect ».

La chanteuse et comédienne Line Renaud a expliqué que « c’est comme si c’était (son) frère » qui disparaissait. L’industriel François Pinault, ami intime du couple Chirac a fait part de son « infinie tristesse » et est passé une vingtaine de minutes au dernier domicile parisien de Jacques Chirac.

De nombreux badauds convergent depuis la mi-journée dans la rue de Tournon, qui donne sur le Sénat. Antoine, un jeune voisin de 14 ans de l’ancien président, ne l’a jamais croisé personnellement, mais voyait souvent sa fille. « Il avait un jardin personnel où il sortait en chaise roulante pour prendre l’air », a-t-il raconté à l’AFP.

Coincé derrière le cordon de sécurité, Omar Kerkoudi est un inconditionnel. Sur un cadre, il a rassemblé plusieurs photos prises avec « Jacques », comme au salon de l’agriculture. « Je l’avais rencontré en 1965, j’avais tracté pour lui quand il s’était présenté aux municipales. Je l’ai vu pour la dernière fois il y a un an, il était sorti de son domicile », dit-il les yeux embués de larmes.

Attaché à l’« unité des Français »

« Paris est en deuil », a assuré Anne Hidalgo, maire de la capitale qu’il avait dirigée pendant 18 ans.

La longévité de Jacques Chirac, entre succès brillants et échecs cuisants, a démontré une exceptionnelle capacité de rebond.

Celui qui n’apparaissait plus en public depuis plusieurs années fut deux fois président de la République, deux fois Premier ministre, trois fois maire de Paris, fondateur et chef de parti, ainsi que ministre à répétition à partir de l’âge de 34 ans.

Ses mandats élyséens resteront marqués par son « non » à la deuxième guerre d’Irak, par la fin de la conscription militaire, la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans les crimes nazis, le passage au quinquennat, le cri d’alarme (« notre maison brûle ») face à la dégradation de l’environnement, et une première victoire importante sur la mortalité routière.

Jacques Chirac était parvenu à conquérir l’Élysée – rêve d’une vie pour ce fils unique – en 1995, après deux défaites (1981 et 1988).

Populaire, mais à l’image abîmée

En 2007, affaibli par un accident vasculaire cérébral qui l’a frappé deux ans plus tôt, il doit voir triompher Nicolas Sarkozy, pour lequel il est loin de manifester la ferveur indéfectible de son épouse Bernadette.

« Perte de mémoire », « absences », surdité : Jacques Chirac apparaîtra ensuite de plus en plus rarement en public.

L’ancien Premier ministre Édouard Balladur, qui vécut au tournant des années 90 une impitoyable rivalité avec son ancien ami, a ainsi dit « son émotion » pour sa disparition « après tant d’années de souffrance ».

La dernière sortie publique de Jacques Chirac remonte à novembre 2014, au Musée du Quai-Branly consacré aux Arts premiers, et qui porte depuis son nom.

L’ancien président, affaibli mais souriant, était aux côtés de l’un de ses successeurs, François Hollande. Ironie de l’histoire, l’ancien chef du RPR avait indiqué trois ans plus tôt qu’il allait voter pour le socialiste à la présidentielle, contre le sortant Sarkozy.

Particulièrement populaire depuis qu’il avait quitté le pouvoir, Jacques Chirac avait pourtant essuyé de cuisants échecs. En 1988, il avait été sèchement battu par François Mitterrand et son épouse Bernadette s’était désespérée que « les Français n’aiment pas (son) mari ».

Neuf ans plus tard, la dissolution qui devait conforter sa majorité à l’Assemblée avait provoqué une humiliante déroute de la droite.

Enfin, c’est sur le terrain judiciaire que l’animal politique s’était abîmé : protégé par l’immunité attachée au mandat présidentiel, il avait été rattrapé par les juges après son retrait de la politique. En 2011, il avait été le premier ancien chef de l’État condamné au pénal, à deux ans d’emprisonnement avec sursis, pour une affaire d’emplois fictifs à la mairie de Paris.

Il a eu deux filles, Laurence, anorexique depuis sa jeunesse et décédée en avril 2016, et Claude, qui fut sa conseillère en communication et lui a donné son seul petit-fils, Martin, aujourd’hui âgé de 23 ans.

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