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Paea orpheline a fait ses adieux à son tavana

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Paea est orpheline depuis vendredi. Le doyen des maires de Polynésie laisse un grand vide dans sa commune. La population est venue, nombreuse, lui dire un dernier au revoir, ce dimanche lors de ses obsèques au cimetière protestant communal.

Publié le 24/05/2020 à 15:34 - Mise à jour le 24/05/2020 à 15:38
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Paea est orpheline depuis vendredi. Le doyen des maires de Polynésie laisse un grand vide dans sa commune. La population est venue, nombreuse, lui dire un dernier au revoir, ce dimanche lors de ses obsèques au cimetière protestant communal.

Les hommages se succèdent depuis vendredi, jour de la disparition de Jacquie Graffe, un maire très aimé de sa population. « Paea, il lui a voué sa vie, ça passait même avant la famille », raconte son unique fille, Maeva. Mais Jacquie Graffe aura eu au total quinze enfants. Lui même était 3e d’une fratrie de 9 : « C’est mon grand frère. Nous étions 9. Quatre filles, cinq garçons » explique son petit frère Raymond, très impliqué dans le milieu de la culture. « Le 23 mars, nous avons perdu l’une de nos sœurs. Elle était malade. Là, maintenant, c’est mon frère ».

Raymond Graffe, le petit frère de tavana Jacquie. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Mon arrière grand-père a eu 6 épouses. Mon frère 4, et moi 7, et en tant que grand-prêtre je peux aller jusqu’à 12 ! J’ai encore le temps », plaisante Raymond Graffe. « Notre arrière grand-père était un Teriierooiterai de Papenoo. Nous venons de cette famille. Et il était tavana lui aussi. C’était encore dans les anciennes sociétés traditionnelles, celles des chefferies, et il est resté tavana 42 ans ! Notre grand-père, qui repose à côté, il a été tavana 22 ans. Lui, Jacquie, c’est le troisième de la famille à être tavana. Il a battu le record de longévité ! » Et ce n’est pas fini, prédit Raymond Graffe : « Peut-être que demain, il y en aura encore un qui va venir, et qui va prendre la suite. Il va falloir encore battre son record de durée! « 

Maeva, la fille de Jacquie Graffe

Maeva, la fille de Jacquie Graffe, y réfléchit :« J’étais sa première fan! Depuis toute petite je le suivais. Je tenais le coussin quand il y avait des inaugurations. Il m’emportait partout, tout le temps. Il nous a appris à aimer le sport en général, et surtout le football ». Le ballon rond : l’une des grandes passions du maire, qui ne ratait aucun match du club communal, Manu Ura. Et c’est sa fille, Maeva, qui le dirige aujourd’hui :« Il parlait de foot tous les jours. L’AS Manu Ura c’était sa vie. Quand il marquait des buts, c’était une fierté, et les femmes le repéraient, par rapport à ses performances sur le terrain. Il était attaquant mais pouvait jouer à tous les postes. ». Membre du conseil municipal depuis 2014, Maeva souhaite poursuivre l’aventure :« Je suis sur sa liste actuelle. Depuis 2014, je le suis dans le conseil municipal. Il m’a appris beaucoup de choses. Pour faire de la politique, il faut que tu sois dans la finance, la sécurité ou le sport. Peu importe la personne que tu as devant toi : tends lui la main. Je croyais vraiment qu’on irait jusqu’au deuxième tour ensemble. Maintenant, il va falloir qu’on discute avec les colistiers. La bataille n’est pas gagnée mais on va se battre« !

André Tuarii Tauraa, colistier de Jacquie Graffe

« C’était notre metua », rappelle André Tuarii Tauraa, colistier du maire. « C’est une grande perte sentimentale, psychologique… mais ce qu’il nous laisse en partant c’est toute cette force, cet héritage, ce patrimoinetoutes ces leçons qu’il nous a données quand on était autour de lui. C’était son vœu de partir « tavana » et c’était aussi celui de la population. Comme ses prédécesseurs. Ici : on est le tavana jusqu’à sa mort. On est un groupe, on va se réunir… les lignes directives qu’il a données, on va les suivre pour lui rendre hommage comme il l’aurait voulu ».

Raymond Graffe a célébré, selon les vœux de son frère, les obsèques, de manière traditionnelle. Le cercueil, ouvragé, a été enveloppé dans un tapa, puis recouvert de l’emblème de sa liste, un flambeau vert et blanc. Des couronnes de fleurs et des ‘auti ont été apposés au dessus. « Je suis un des détenteurs des rites funéraires. Nous avions fait une reconstitution ici, en 1992, au marae Arahurahu, juste à côté. C’était un guerrier, c’est un tavana, c’est une sommité de notre pays. Lorsque la personne est morte, son corps retourne à la terre, et son âme s’envole. L’âme, c’est rerefenua. C’est ta partie non physique qui sort de ton corps, réincarnée en un oiseau. L’oiseau est là. Il nous regarde. Il doit maintenant rejoindre son marae. Là où tous les arii l’attendent. La pirogue royale céleste l’attend avec tous ses tupuna. Ils feront la fête dans le monde des esprits! »

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