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Fonction publique : Lana Tetuanui veut supprimer la prime d’éloignement aux fonctionnaires affectés en Polynésie

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Lana Tetuanui souhaite réduire l'attractivité de la Polynésie pour les fonctionnaires d'Etat. La sénatrice a déposé un projet de loi qui fait réagir au fenua.

Publié le 06/09/2022 à 17:12 - Mise à jour le 09/09/2022 à 10:30
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Lana Tetuanui souhaite réduire l'attractivité de la Polynésie pour les fonctionnaires d'Etat. La sénatrice a déposé un projet de loi qui fait réagir au fenua.

La sénatrice polynésienne Lana Tetuanui a déposé avec d’autres élus, une proposition de loi visant à supprimer l’indemnité d’éloignement des fonctionnaires de l’État affectés en Polynésie française.

“Par le dépôt de cette proposition de loi, je propose d’abroger le versement de l’indemnité d’éloignement aux fonctionnaires civils de l’Etat affectés en Polynésie française. Cet avantage date des années 50 lorsqu’on venait en bateau, et il demeure encore tellement incitatif qu’il porte préjudice au retour de nos fonctionnaires d’Etat polynésiens dans leur collectivité, explique la sénatrice sur les réseaux sociaux. Ma démarche vise ainsi à tarir le flux d’affectation en Polynésie française de fonctionnaires dépourvus du CIMM, à prioriser le retour de nos fonctionnaires polynésiens, et à encourager le recrutement local à compétences égales sur les postes laissés vacants.”

L’indemnité d’éloignement des fonctionnaires de l’État affectés en Polynésie date de 1950. Elle avait été allouée à l’époque pour encourager les fonctionnaires de l’Hexagone à occuper des postes sur les trois collectivités du Pacifique. Ainsi, lorsqu’un fonctionnaire d’Etat arrive en Polynésie pour un séjour d’au moins deux ans, il touche automatiquement une indemnité équivalente à 5 mois de son salaire brut. Idem pour son retour, le fonctionnaire touchera à nouveau le même montant d’indemnité.

Pour la sénatrice, cette indemnité empêcherait un retour des fonctionnaires polynésiens au fenua : “Beaucoup de nos enfants polynésiens qui sont en métropole, ou de nos fonctionnaires polynésiens aussi bien dans la gendarmerie et autres administrations, ont demandé à revenir au Pays. Malheureusement, et nous le savons tous, je n’invente rien, beaucoup de postes sont occupés par des métropolitains.”

Selon nos députés, cette proposition de loi pourrait dans un premier temps répondre à la question de l’océanisation des cadres tout en utilisant les sommes allouées à la formation des fonctionnaires polynésiens. Pour Moetai Brotherson, “sur le principe, l’idée n’est pas mauvaise. Elle n’est pas nouvelle mais elle n’est pas mauvaise. C’est de dire qu’il faut effectivement réduire l’attractivité. Ce qu’il faudrait arriver à faire, c’est que les sommes qui seraient économisées soient consacrées à améliorer les conditions de travail et les conditions de recrutement ou de formation des fonctionnaires polynésiens qui viennent en métropole. Ce serait l’idéal. Maintenant, est-ce qu’en une phrase on arrive à faire ça dans un texte, je ne sais pas. Je vais attendre de lire le texte.

“Une proposition d’amendement, une proposition de loi peut prévoir des dispositions transitoires. Si ces dispositions transitoires ne sont pas prévues, ça peut effectivement poser problème s’il y a un effet couperet. Ça peut être délicat. Toutes ces discussions auraient dû être posées avant et auraient dû se faire avec les syndicats”, estime-t-il encore.

“Pour nous, l’indemnité d’éloignement ne doit pas disparaitre mais au contraire être étendue aux Polynésiens ou résidents qui veulent revenir en Polynésie mais aussi à ceux qui sont affectés de Polynésie en métropole. Qu’ils puissent bénéficier d’une indemnité d’éloignement”, estime pour sa part Thierry Barrère, secrétaire général de l’UNSA.

En Polynésie, environ 5000 fonctionnaires seraient concernés par cette indemnité. Le texte qui devra être débattu prochainement en commission des lois du Sénat, devrait se confronter au principe d’égalité de traitement avec les autres collectivités d’outre-mer. Selon une estimation, l’Etat débourserait plus de 12 milliards par an pour financer cette indemnité en Polynésie.

L’interview de Lana Tetuanuia

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