jeudi 19 mai 2022
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Élection présidentielle : la campagne démarre activement en Polynésie

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Les parrainages pour les candidats à la présidentielle sont ouverts depuis la fin de semaine dernière. Et déjà, les élus polynésiens distribuent les leurs. Emmanuel Macron s’en est vu promettre une soixantaine… mais les petits candidats ne sont pas en reste. Les Verts devraient en recueillir a minima 4, même Eric Zemmour, et sa formation politique émergeante « Reconquête » en totalise déjà deux, de la part de tavanas.

Publié le 02/02/2022 à 10:28 - Mise à jour le 24/02/2022 à 15:08
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Les parrainages pour les candidats à la présidentielle sont ouverts depuis la fin de semaine dernière. Et déjà, les élus polynésiens distribuent les leurs. Emmanuel Macron s’en est vu promettre une soixantaine… mais les petits candidats ne sont pas en reste. Les Verts devraient en recueillir a minima 4, même Eric Zemmour, et sa formation politique émergeante « Reconquête » en totalise déjà deux, de la part de tavanas.

La campagne pour l’élection présidentielle a pris un nouvel élan, depuis quelques jours, au fenua. Jusque là plutôt discrètes, les formations politiques expriment leurs soutiens respectifs aux candidats déclarés ou en passe de l’être. L’ouverture des parrainages, en fin de semaine dernière, y est sans doute pour beaucoup. Les élus ont jusqu’au 4 mars pour faire connaître leur choix. Et les Polynésiens ont déjà commencé à envoyer les premiers formulaires.

La majorité suivie dans son engagement pro-Macron

Lundi, à Paris, Edouard Fritch a signé un accord entre le Tapura Huira’atira et le parti du futur candidat de La République En Marche. Emmanuel Macron totalise déjà près de 60 promesses de parrainages parmi les élus locaux.

À droite, Valérie Pécresse, candidate des Républicains, est soutenue à la fois par les Orange, et par un comité de soutien présidé par Marcel Tuihani.

“J’ai pris beaucoup de recul sur la politique locale, et à l’occasion de l’élection présidentielle, j’ai décidé de m’inscrire au parti des Républicains. À l’issue de la primaire de ce parti, je me suis engagé à soutenir la candidate choisie : Valérie Pécresse”, indique Marcel Tuihani, responsable de son comité de soutien. “J’ai donc été chargé de constituer une équipe en vue de la constitution d’un comité de soutien : il y a diverses personnes de la société civile, mais aussi des élus communaux. L’objectif n’est pas de s’afficher pour montrer une forme de force politique. Je considère que la Polynésie a souvent été prise au piège par des postures que je qualifie de partisanes, qui consistaient à se mesurer. Pour ce qui me concerne : l’objectif est de rassembler le plus de monde possible. On n’est pas dans une logique de parti. Des élus du Tapura qui ne m’ont pas caché qu’ils allaient soutenir Valérie Pécresse. Des élus du Amuitahiraa également. Une élection nationale dépasse le clivage Polynésien. Le nouveau parti de Gaston Flosse a décidé de se ranger derrière cette candidate : des maires l’accompagnent. C’est le cas du maire de Rapa, Narii Tuanainai. Je reste persuadé que lui et sa population seront avec nous. Des maires des Tuamotu et du Sud de Tahiti également. Nous aurons des parrainages. J’ai pu prendre contact avec des gens qui n’avaient pas d’attaches avec les partis politiques locaux, mais qui restent fidèles aux Républicains. Ne mélangeons pas les élections.

Marcel Tuihani, responsable du comité de soutien de Valérie Pécresse

Les Républicains connaissent parfaitement les outre-mer et la Polynésie en particulier. Je n’ai pas d’inquiétude quant à leur vision. Le parti a su tirer les leçons des erreurs du passé. J’entends dire que c’est le parti qui a fragilisé la Polynésie. Je m’inscris de manière différente. Le parti est une chose, les élus en sont une autre. Certains, comme monsieur Sarkozy, ont fait des choix préjudiciables pour le fenua. Ça a changé : les leçons ont été tirées”.

Cet engagement constitue-t-il un tremplin pour d’autres échéances électorales?

Je n’ai pas d’ambitions nationales. Ce que j’ai appris en politique, depuis peu, c’est que c’est tout d’abord l’intérêt du Pays qui prime. Les législatives ne sont pas une élection qui m’intéressent. Aucune ambition nationale mais beaucoup d’ambitions locales. Si je suis revenu en politique par la porte des élections présidentielles, ce n’est pas pour fermer la porte ensuite. La trajectoire ira jusqu’aux élections territoriales, et derrière, les élections communales“.

L’extrême droite a perdu du terrain… mais s’organise aussi

L’extrême droite s’organise également pour les parrainages. Eric Minardi est actuellement en métropole où il a rencontré Marine Le Pen, et dispose de plusieurs promesses de soutiens, dont celle du président des maires, Cyril Tetuanui.

Un comité de soutien à Eric Zemmour, intitulé Reconquête Polynésie, se constitue. Le candidat a déjà récolté deux parrainages, parmi lesquels celui du maire de Maupiti Woullingson Raufauore.

“Nous sommes très sollicités par tous les partis. Nous sommes libres de donner notre parrainage à qui on veut, en toute sérénité, sans aucune pression. Et donc, j’ai décidé de donner le mien à Eric Zemmour, dont le discours m’a convaincu. Je ne comprendrais pas qu’il n’atteigne pas les 500 signatures alors que de plus petits candidats les ont déjà. Ce serait anti-démocratique. Tous les candidats doivent avoir leur chance de se mettre sur la ligne de départ. Je suis propriétaire de ma signature, je suis libre, et je la donne à Eric Zemmour”.

Woullingson Raufauore, maire de Maupiti, parraine Eric Zemmour

“La logique veut que si l’on parraine, on donne également son soutien. C’est la voie que je pense prendre.”

Et la gauche?

À gauche aussi les forces se mobilisent. Heiura Les verts présentera son comité de soutien à Yannick Jadot d’ici deux semaines

“On est en contact depuis deux mois sur une plateforme pour élaborer un contenu qui soit vraiment spécifique à la Polynésie”, indique Jacky Bryant, président de Heiura Les Verts. “Par rapport aux signatures pour les parrainages : c’est l’organisation nationale qui contacte les élus. Moi je donnerai mon parrainage à Yannick Jadot. Je ne suis pas le seul. Il y a des thématiques qui sont spécifiques : les conséquences des essais nucléaires. Il faut définitivement trouver un consensus avec l’ensemble des acteurs qui depuis des années, militent. Il y a toute la problématique portée par la surveillance de notre zone économique. C’est devenu un restaurant espagnol : tout le monde passe, avec une absence totale de surveillance de l’Etat. On a quelques propositions à faire dans ce sens là. Ensuite, il y a toute la difficulté liée à l’accompagnement de la Polynésie avec la conséquence des essais nucléaires, l’urgence climatique, la question de la transition énergétique… Nous ne pourrons pas, nous seuls, développer l’énergie thermique des mers. Nous avons besoin de l’Etat!”

Les Verts Polynésiens se veulent constructifs et actifs.

“Il nous appartient d’être forces de propositions ! L’extension du Swac sur la côte Est de Papeete est une nécessité. Nous avons de nombreux établissements scolaires, et ils feront des économies. Nous allons avoir une réflexion autour des énergies. Il faut investir, c’est cher, et nous avons besoin de travailler avec des gens qui partagent nos convictions”.

Jacky Bryant, responsable de Heiura Les Verts

“Nous allons présenter notre comité de soutien à Yannick Jadot d’ici 15 jours. Nous devons encore consulter nos partenaires qui vont se présenter à l’élection sur l’évolution institutionnelle de la Polynésie, sur l’inscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser. Nous attendons d’avoir une discussion franche, sur ces sujets, avec Yannick Jadot. Il faut aborder toutes ces problématiques là, et sans calculs”.

“Nous partirons à la conquête des abstentionnistes. Ceux qui disent que c’est toujours la même chose finissent par donner raison, en n’allant pas s’exprimer, à ceux qui continuent à faire les mêmes choix d’orientation politique. Il faut se mobiliser. On est parfois déçu, c’est sûr. Nous sommes les premiers à l’être. Quand on voit qu’on a soutenu Mitterrand, et que la gauche a fait exploser encore plus de bombes que la droite : bien sûr que ça nous fend le cœur! Ca me révolte même. Mais il faut s’exprimer”.

Quant aux indépendantistes, qui participaient à la présidentielle de 2017, ils se prononceront ce mercredi sur leur positionnement, pour cette élection, qui se déroulera, au fenua, les 9 et 23 avril prochains.

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