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Plus de 200 000 touristes en 2022 : le tourisme polynésien revient à son niveau pré-Covid

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La Polynésie française est parvenue cette année à retrouver un nombre de touristes comparable aux années précédant la crise Covid. Plus de 200 000 touristes devraient avoir visité la Polynésie d’ici la fin de l’année, selon les prévisions du gouvernement.

Publié le 14/12/2022 à 10:42 - Mise à jour le 15/12/2022 à 9:24
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La Polynésie française est parvenue cette année à retrouver un nombre de touristes comparable aux années précédant la crise Covid. Plus de 200 000 touristes devraient avoir visité la Polynésie d’ici la fin de l’année, selon les prévisions du gouvernement.

« On voyage souvent, mais c’est le plus bel endroit qu’on ait jamais vu » s’exclament en cœur Matthew et Amelia Mackin, un couple de Canadiens en voyage de noces, qui vient d’atterrir à Tahiti après une semaine à Bora Bora.

Le tourisme représente 85% des ressources propres du fenua, mais le nombre de visiteurs avait été divisé par trois en 2020 et 2021, en raison de la fermeture des frontières, puis de l’épidémie elle-même. La vague Delta de Covid-19 avait causé le décès de plus de 500 personnes en août-septembre 2021.

Accueil des touristes par les enfants de l’atoll d’Amanu – Photo : Mike Leyral

La Polynésie ne devrait pas atteindre dès cette année le nombre-record de 236 000 touristes, obtenu en 2019. Mais elle va approcher, voire dépasser, l’affluence des années précédentes. Et cette progression devrait se poursuivre l’an prochain.

« Nous souhaitons atteindre un seuil soutenable de 280 000 touristes en 2027, soit une progression de près de 10% annuelle » ambitionne le président Edouard Fritch, chargé du portefeuille ministériel du Tourisme. Le gouvernement souhaite atteindre ce nombre de visiteurs, mais pas le dépasser : il veut éviter le tourisme de masse.

« Pendant la pandémie, l’isolement était une contrainte, c’est maintenant une force » confirme la directrice marketing de Tahiti Tourisme, Vaihere Lissant. « Nous sommes une destination-refuge, pour se reconnecter avec ses proches et avec soi-même : c’est le slow tourisme, on peut prendre le temps, voyager moins mais plus longtemps » ajoute-t-elle.

« On a fait un mauvais premier trimestre, mais ensuite 2022 est pour nous la meilleure année et, sauf accident sur nos marchés porteurs, 2023 sera encore une année record » se réjouit Thierry Brovelli, directeur de l’Intercontinental Tahiti et co-président du Conseil des Professionnels de l’Hôtellerie, qui regroupe 28 hôtels et plus de 2000 chambres.

Une plage idyllique d’Anaa, aux Tuamotu – Photo : Mike Leyral

Il se félicite de l’arrivée, ce week-end, d’un premier vol de Delta Airlines. Après Air Tahiti Nui, Air France, United Airlines et la low-cost French Bee, ce sera la cinquième compagnie aérienne à desservir la Polynésie depuis les Etats-Unis.

Les hôteliers ne déplorent donc plus le manque de sièges dans les avions. Les transporteurs aériens, en revanche, regrettent le manque de chambres. Plusieurs hôtels de Tahiti, Bora Bora et Moorea ont fermé pendant la pandémie. En 2020, la Polynésie a perdu 900 chambres sur les 5376 qu’elle offrait l’année précédente. Certains hôtels vont rouvrir, mais pas tous : la saturation guette. Les hôteliers souhaitent que le gouvernement facilite la construction de nouveaux bâtiments par la double défiscalisation, locale et nationale, qui permet de financer jusqu’à 60% des coûts de construction. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 6600 clefs en 2027.

Le tourisme de croisière, lui, atteint près de 1000 escales annuelles dans les îles polynésiennes, pour 33 000 visiteurs.

Le tourisme de croisière reprend doucement des couleurs – Photo : Mike Leyral

Les professionnels notent aussi un changement de comportement des touristes depuis la crise : ils réservent leur séjour moins à l’avance et restent un peu plus longtemps. Plus de 17 jours en moyenne pour un voyage en Polynésie, contre 15 avant la pandémie.

Dave Hetzel, un Américain venu de Seattle pour faire de la voile, achève son séjour dans l’immense piscine écrasée par la chaleur du Hilton Tahiti. « Tout est superbe, des paysages aux fonds marins en passant par les restaurants, mais le mieux, c’est l’accueil de la population » résume-t-il pendant que sa compagne le tartine de crème en hochant la tête.