dimanche 26 septembre 2021
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Violences à Moorea : des peines exemplaires pour une jeunesse désemparée

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Les jeunes qui s’étaient battus le 26 juin dernier sur la plage du Coco Beach à Moorea, avant de participer quelques heures après à une rixe dans le quartier de Tiahura, ont été jugés jeudi en comparution immédiate à délai différé. Le dossier a été scindé en deux procès qui se sont tenus successivement de 9 heures à 18 heures.

Publié le 04/09/2021 à 10:02 - Mise à jour le 04/09/2021 à 10:02
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Les jeunes qui s’étaient battus le 26 juin dernier sur la plage du Coco Beach à Moorea, avant de participer quelques heures après à une rixe dans le quartier de Tiahura, ont été jugés jeudi en comparution immédiate à délai différé. Le dossier a été scindé en deux procès qui se sont tenus successivement de 9 heures à 18 heures.

Trois ans de prison dont deux avec sursis : c’est la peine demandée par le parquet à l’encontre des trois prévenus jugés pour les violences sur le site du Coco Beach à Moorea. Une victime a failli mourir.
Pour deux d’entre-eux, un mandat de dépôt a été demandé pour éviter la réitération des faits. Une peine exemplaire selon le parquet. “Quand on regarde ce dossier-là, même le ministère public, vous dit qu’ils étaient beaucoup plus nombreux. On ne sait pas qui à fait quoi etc. et donc du coup, c’est pas grave, on va prendre ces cinq-là, et on va les condamner très très sévèrement, pour les punir pour les autres, pour ce que les autres ont fait. Une peine exemplaire, ça n’a jamais marché. La peine exemplaire, c’est comme la peine de mort aux États-Unis. Il y a la peine de mort aux États-Unis pour les affaires de meurtre, est-ce que depuis qu’il y a cette peine, il n’y a plus de meurtres ? Non, ça continue. On le sait très bien. Toutes les études démontrent que les peines exemplaires n’ont jamais marché” rappelle Teremoana Hellec, avocat d’un des prévenus.

Les deux autres prévenus dans le dossier seront jugés le 16 septembre car leur avocat était malade.

Trois de ces cinq prévenus avaient été jugés un peu plus tôt dans la journée avec sept autres personnes, mais pour d’autres faits de violences. Dans la soirée du 26 juin, après l’altercation au Coco Beach, une autre bagarre avait éclaté dans le quartier de Tiahura. Là aussi, plus d’une vingtaine de personnes seraient impliquées selon les déclarations des prévenus. Des peines de 3 à 6 mois de prison avec sursis avaient été requises. Les avocats ont demandé à ce que le dossier soit renvoyé à l’instruction pour que des investigations plus poussées soient menées. “Prendre la voie de la comparution immédiate comme je l’ai développé devant le tribunal ce matin, paraît une voie un peu rapide dans un dossier qui méritait à la fois, bien-entendu, des confrontations entre les prévenus, et également avec les victimes, de pouvoir faire un certain nombre d’investigations afin notamment de justifier de telles ou telles déclarations qui ont pu être faites par tel ou tel prévenu ou telle ou telle victime. Bon, le tribunal n’a pas considéré que c’était en l’état nécessaire, puisqu’il a joint l’incident au fond, on peut le regretter, mais toujours est-il que l’affaire a été jugée” déclare Isabelle Nougarro, avocate d’un des prévenus.

Le délibéré pour les violences du quartier de Tiahura sera rendu le 15 septembre. Celui pour les violences du site Coco Beach sera rendu le 23 septembre.

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