dimanche 28 février 2021
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Une famille à la barre pour le décès d’un enfant soigné au ra’au tahiti

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Le procès d'une famille et de tradipraticiens a eu lieu mardi au tribunal de Papeete, suite au décès d'un enfant de 16 mois, le 14 juillet 2016 à Bora Bora, par défaut de soin. Après enquête de la gendarmerie, il s’est avéré que l’enfant souffrant d’une infection grave n’a pas été emmené chez le médecin, ses parents ayant préféré se tourner vers la médecine traditionnelle.

Publié le 03/02/2021 à 9:48 - Mise à jour le 03/02/2021 à 9:48
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Le procès d'une famille et de tradipraticiens a eu lieu mardi au tribunal de Papeete, suite au décès d'un enfant de 16 mois, le 14 juillet 2016 à Bora Bora, par défaut de soin. Après enquête de la gendarmerie, il s’est avéré que l’enfant souffrant d’une infection grave n’a pas été emmené chez le médecin, ses parents ayant préféré se tourner vers la médecine traditionnelle.

Sept membres d’une même famille sont poursuivis pour avoir causé involontairement la mort d’un enfant de 16 mois. Selon le procureure de la République, tous avaient tenté de sauver l’enfant. Leur principale erreur a été de s’être tournés vers un tradipraticien plutôt que de consulter un médecin. L’autopsie a révélé que les massages effectués par le tradipraticien auraient accéléré la propagation de l’infection dans le corps de l’enfant. Les deux tradipraticiens consultés par la famille ont été poursuivis pour exercice illégal de la médecine.

« Nous même lorsque quelqu’un a mal on va lui serrer le muscle, donc je pense qu’il faut quand même replacer ça dans son contexte, a indiqué Me Jean-Dominique Des Arcis, l’avocat de l’un des deux tradipraticiens. On est dans les îles. Ces gens-là n’avaient pas la possibilité d’aller facilement chez le médecin. Ils vont voir un guérisseur parce que c’est classique, parce que c’est normal. Et ce guérisseur n’a pas l’impression de commettre un acte médical. À aucun moment ces personnes, ces tahu’a, ces guérisseurs, n’ont l’impression de commettre un acte médical. Ils aident les hommes, les femmes et les enfants qui viennent les voir. »

Tout au long du procès, la cour a constaté que toutes les personnes mises en cause dans cette affaire ont tenté de sauver l’enfant. Son décès est imputable à une succession de mauvais choix. Le premier a été pour l’arrière-grand-mère de l’enfant de vouloir privilégier la médecine traditionnelle à la médecine conventionnelle.

« Si elle a refusé de l’emmener à l’infirmerie, c’est que par le passé elle avait eu de mauvaises relations avec le médecin de l’île, notamment parce qu’il y avait un problème de compréhension entre elle et eux. Elle a mal interprété certains de leurs mots, certaines de leurs recommandations, explique son avocate Me Adélaïde Briantais. Et donc elle avait peur de ne pas être comprise et donc de fait que sa petite-fille soit mal soignée. »

Le procureure de la République a requis 1 an de prison avec sursis pour l’arrière-grand-mère de l’enfant et le tradipraticien qui a effectué les massages, ainsi que 6 mois avec sursis pour le reste des personnes poursuivies. Quant aux parents de l’enfant, le procureure a demandé qu’ils soient dispensés de peine car la perte d’un enfant est un fardeau déjà très lourd à porter. Le délibéré sera rendu le 9 février.

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