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Mur effondré au collège Maco Tevane : l’entrepreneur est-il responsable ?

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L’entrepreneur qui avait construit un mur d’enceinte du collège Maco Tevane à Taunoa est-il responsable de l’accident survenu en décembre 2018 ? Ce jour-là, un pan dudit mur s’était écroulé sur deux élèves, blessant grièvement l’un d’eux à la jambe. Le mois dernier, l’entrepreneur a été mis en examen et des rapports pointent du doigt des manquement lors des travaux.

Publié le 12/08/2019 à 16:34 - Mise à jour le 14/08/2019 à 10:09
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L’entrepreneur qui avait construit un mur d’enceinte du collège Maco Tevane à Taunoa est-il responsable de l’accident survenu en décembre 2018 ? Ce jour-là, un pan dudit mur s’était écroulé sur deux élèves, blessant grièvement l’un d’eux à la jambe. Le mois dernier, l’entrepreneur a été mis en examen et des rapports pointent du doigt des manquement lors des travaux.

Le 10 décembre 2018, dans l’après-midi, un pan entier du mur d’enceinte du collège Maco Tevane s’effondrait. Deux élèves étaient blessés, dont l’un victime d’une fracture ouverte à la jambe. Un accident qui aurait pu être encore plus dramatique s’il s’était produit à l’heure de la récréation.

Au palais de justice, une information judiciaire avait été rapidement ouverte. Et l’enquête a conduit à la mise en cause de l’entrepreneur chargé des travaux. Comme l’ont rapporté nos confrères de Tahiti Infos, cet homme a été mis en examen le mois dernier pour « blessures involontaires ».

Le juge d’instruction en charge du dossier a demandé qu’une expertise judiciaire soit réalisée. Et elle pointe du doigt des manquements dans la construction du mur. La DGEE a parallèlement fait réaliser un audit par une entreprise privée qui tend aux mêmes conclusions.

Selon le document que nous avons pu consulter, l’édifice ne comportait ainsi aucun liaisonnement en termes d’armatures entre le mur en parpaings et les fondations en béton armé. Certains enrobages mesuraient en outre moins de 3 centimètres alors que 5 centimètres auraient été plus appropriés en raison de la proximité de la mer. Des éléments qui ont favorisé son érosion, puis sa chute.

Mais pour l’avocat de l’entrepreneur, Me Mitaranga, d’autres causes extérieures peuvent aussi expliquer l’accident. « Il y a des facteurs étrangers qui ont pu fragiliser le mur, entre autres la présence de ‘aito et surtout l’exposition à l’air marin », assure-t-il.

L’avocat souligne également que son client n’avait pas la charge de l’entretien de l’édifice. Un mur vieux de plus de dix ans et soumis à de fortes contraintes. Car « en droit de la construction, on a la garantie décennale qui s’applique, explique-t-il. On estime qu’une construction, qu’un mur, ne peut pas être garantit plus de 10 ans, puisque le temps a fait son œuvre. On estime qu’après dix ans, on ne peut plus garantir l’ouvrage. Aujourd’hui, c’est un mur qui s’est effondré plus de 10 ans après. Mais pénalement, visiblement, on pense que mon client est responsable de la chute de ce mur, et je trouve que c’est assez particulier… »

Du côté de la justice, l’enquête se poursuit. À l’issue de celle-ci, le juge d’instruction décidera de faire comparaître ou non l’entrepreneur devant le tribunal correctionnel.

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