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Mahina : un mutoi a-t-il usé de la force de façon disproportionnée ?

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Un jeune couple a comparu, ce jeudi matin, devant le tribunal correctionnel pour outrages, violences et rébellion envers des policiers municipaux de Mahina. Mais à l’origine du dossier, ce sont les deux prévenus qui avaient porté plainte contre les mutoi après une intervention musclée où l’usage de la force était « totalement disproportionné » selon leur avocate.

Publié le 22/04/2021 à 13:41 - Mise à jour le 22/04/2021 à 17:47
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Un jeune couple a comparu, ce jeudi matin, devant le tribunal correctionnel pour outrages, violences et rébellion envers des policiers municipaux de Mahina. Mais à l’origine du dossier, ce sont les deux prévenus qui avaient porté plainte contre les mutoi après une intervention musclée où l’usage de la force était « totalement disproportionné » selon leur avocate.

Les faits se sont déroulés dans l’après-midi du 12 avril 2019 à Mahina. Le couple, en scooter, double un véhicule de la police municipale. De façon dangereuse selon les mutoi qui terminent leur ronde avant de faire le chemin inverse et de retomber sur le conducteur du deux-roues qui se trouve dans une cour chez un ami.

A partir de là, les versions divergent. Les policiers disent s’être arrêtés pour rappeler à l’ordre le jeune homme sur sa conduite. Et en guise de réponse, ils auraient reçu un flot d’injures. Le jeune, lui, affirme avoir d’abord été insulté par le chef de patrouille, un policier avec lequel il avait déjà eu un différend par le passé.

Le mutoi descend alors de son véhicule, pousse violement la sœur du conducteur qui se trouve sur son chemin, puis donne un coup de poing à ce dernier et tente de l’interpeller. La concubine du jeune homme, enceinte, frappe à son tour le policier et dit avoir reçu en retour un coup de coude dans le ventre. La situation dégénère jusqu’à ce qu’un élu de Mahina arrive sur les lieux et calme les esprits.  

« N’ont-ils pas légitimement résisté à un abus d’autorité ? »

A la barre, ce matin, seul le couple comparait. Sa plainte visant le mutoi a en effet été classée sans suite par le parquet. Mais les policiers ont eux aussi porté plainte pour outrages, violences et rebellions.

Lors de l’audience, le président du tribunal s’interroge. « Qu’est-ce qui justifiait l’emploi de cette force alors qu’il suffisait de faire un rapport et de le transmettre à la gendarmerie qui les -le couple, NDRL- aurait entendus (…) N’ont-ils pas légitimement résisté à un abus d’autorité ? La question est là ».

Pour la procureure, les policiers n’ont fait que leur travail après avoir été outragés. « C’est au chef de patrouille de poser les limites. L’intervention était parfaitement justifiée. Il n’y a pas d’usage disproportionnée de la force », a-t-elle considéré en demandant six mois de prison avec sursis contre le couple.

« Mes deux clients n’ont fait que se défendre. C’est le policier qui est descendu de son véhicule énervé. C’était totalement disproportionné », a retorqué l’avocate des deux mis en cause avant de plaider la relaxe et le « partage des responsabilités » dans les évènements.

Le tribunal s’est donné le temps de la réflexion. Il rendra son jugement le 6 mai.

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