lundi 25 janvier 2021
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Laboratoires d’ice : prison ferme pour les apprentis « cuisiniers »

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Après trois jours d’audience, le procès de 13 personnes jugées dans le dossier des laboratoires d’ice de Tautira a pris fin ce jeudi. Le tribunal correctionnel leur a infligé des peines comprises entre 6 mois et quatre années de prison ferme.

Publié le 03/12/2020 à 16:57 - Mise à jour le 03/12/2020 à 16:59
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Après trois jours d’audience, le procès de 13 personnes jugées dans le dossier des laboratoires d’ice de Tautira a pris fin ce jeudi. Le tribunal correctionnel leur a infligé des peines comprises entre 6 mois et quatre années de prison ferme.

Le tribunal a été légèrement en deçà des réquisitions du procureur de la République. Le principal protagoniste du dossier, qui avait eu l’idée de créer l’un des laboratoires de Tautira, écope de 5 ans de prison, dont un avec sursis. L’homme qui était à la tête du second s’est quant à lui vu infliger 3 années de prison ferme. Des peines bien moins sévères que celles prononcées ces dernières années dans des dossiers portant sur l’importation de plusieurs kilos d’ice.

Lors de leurs plaidoiries, les avocats des mis en cause ont d’ailleurs insisté sur le fait que leurs clients n’étaient pas des trafiquants chevronnés. Et qu’on ne pouvait pas réellement parler de laboratoire en raison des faibles quantités produites et de la mauvaise qualité de la drogue fabriquée. « Ils ont préparé une sorte de tambouille, à leur manière. À la limite, comme je disais, ils auraient pu mettre ça dans une brouette, aller faire ça dans la montagne et consommer cela. Et c’est de ça qu’il s’agit en réalité : comment des personnes, dans leur toxicomanie, en sont arrivées à consommer des produits aussi dangereux, avec de l’acétone, de l’essence, de la soude caustique, de l’acide. Et c’est ça qui donne à s’interroger », estime Me James Lau.

Car pour l’avocat, les pouvoir publics ne mettent pas suffisamment de moyens dans la prévention et la prise en charge des consommateurs d’ice. La seule réponse apportée est en définitive pénale : « il faut qu’on nous dise quel est le budget consacré à la prévention. C’est très important. Le tribunal ne servira pas qu’à ça. Il y aura vraiment à tirer des leçons de ce genre de dossier. »

Parmi les prévenus : ce trentenaire qui comparaissait libre. Il assure avoir rompu définitivement avec l’ice. Une drogue qui l’a entrainé dans une spirale infernale. Il estime d’ailleurs que le grand public ne mesure à quel point il est difficile de s’en sortir : « Les gens qui ne fument pas d’ice, ils pensent que c’est facile. Dans leur famille, je pense qu’ils ne se rendent même pas compte qu’il y a des proches qui fument de l’ice. Il y a des gens qui arrivent à cacher ça. C’est facile pour eux de dire, mais le jour où ils vont tomber, je pense qu’ils seront plus bas que terre. »

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