mardi 27 septembre 2022
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La liquidation de La Dépêche de Tahiti prononcée

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La cour d'appel a rendu sa décision ce jeudi et a prononcé la liquidation du quotidien local. Un verdict "inévitable" selon l'avocat des salariés.

Publié le 28/04/2022 à 11:00 - Mise à jour le 28/04/2022 à 15:55
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La cour d'appel a rendu sa décision ce jeudi et a prononcé la liquidation du quotidien local. Un verdict "inévitable" selon l'avocat des salariés.

C’est une décision que les salariés de la Dépêche de Tahiti redoutaient. Celle de la cour d’appel qui a prononcé ce matin la liquidation du quotidien local. “On ne peut jamais se réjouir d’une liquidation qui peut entraîner naturellement des pertes d’emplois” confie Emmanuel Mitaranga, l’avocat des salariés qui avaient conduit à la demande de liquidation. Néanmoins c’est une liquidation qui était inévitable parce que les dettes de La Dépêche étaient pharaoniques. Mais surtout, c’était une liquidation qui était à mon sens préméditée.”

Selon l’avocat, la mauvaise gestion de La Dépêche aurait de toute manière conduit à sa liquidation : “On sait que le style de gestion de La Dépêche était fait de manière à ce que les dettes, les créances, ne soient pas payées. C’est une entreprise qui ne payait pas ses impôts, qui ne payait plus ses anciens salariés, qui ne payait pas ses cotisations sociales. Donc c’est une décision qui aussi pose des questions”.

Me Mitaranga estime que le plus vieux quotidien du fenua a longtemps été “protégé par l’État, le Pays, le ministère public… Une entreprise qui ne paie pas ses impôts, qui ne paie pas ses cotisations sociales, ses anciens salariés. Je le répète : c’est illégal. Donc ça pose cette question”.

“Et puis se pose aussi une autre question, de savoir qui va payer maintenant les anciens salariés ?, ajoute Me Mitaranga. Puisqu’on sait très bien que La Dépêche de Tahiti, c’est trois ordinateurs pour un passif qui explose les 700 millions de dettes. Je ne vois pas comment on va pouvoir payer toutes ces dettes qui sont colossales”.

Si le quotidien venait à disparaitre, une quarantaine de personnes se retrouveraient sans emploi : “La liquidation étant prononcée, théoriquement, il n’y a pas de reprise automatique des salariés sauf dans certains cas très limités” précise Me Vergier, l’avocat de La Dépêche.

Un espoir de reprise

Mais l’avocat laisse entendre que l’arrêt du quotidien risque d’être momentané. En effet, La Dépêche pourrait revivre grâce à des investisseurs locaux voire nationaux qui voudraient rééditer le journal : “Il y a un vrai espoir. Il serait quand même étonnant que parmi tous ceux qui se soient déclarés intéressés à un moment ou à un autre, qu’il ne nous en reste aucun à la fin. Pour moi, La Dépêche n’est pas morte. Elle va être en sommeil, on va dire, un mois, et les lecteurs de La Dépêche la retrouveront, je l’espère, améliorée”.

Pour précision, les radios NRJ et Api Fm, qui faisaient autrefois parties du groupe, ne sont pas concernées par cette mise en liquidation.

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