mercredi 23 juin 2021
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Ils frappent des mutoi et sont relaxés pour “légitime défense”

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Un jeune couple qui avait frappé des mutoi a été relaxé ce jeudi matin par le tribunal correctionnel. Ce dernier a considéré qu’ils avaient eu une « réaction proportionnée », alors que les policiers municipaux tentaient de façon musclée d’appréhender le concubin. Une interpellation qualifiée « d’agression » dans le jugement.

Publié le 06/05/2021 à 16:03 - Mise à jour le 06/05/2021 à 20:49
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Un jeune couple qui avait frappé des mutoi a été relaxé ce jeudi matin par le tribunal correctionnel. Ce dernier a considéré qu’ils avaient eu une « réaction proportionnée », alors que les policiers municipaux tentaient de façon musclée d’appréhender le concubin. Une interpellation qualifiée « d’agression » dans le jugement.

Ils ont frappé des policiers mais ils étaient dans leur bon droit : ainsi en a décidé le tribunal. Les faits remontent à avril 2019. Des mutoi de Mahina tentent d’interpeller un homme après un dépassement jugé dangereux sur la route. 

Il y a dans la foulée un échange d’insultes. Le chef de patrouille bondi de son véhicule et pénètre dans la cour où se trouve l’homme, en poussant au passage sa belle-sœur. Puis il lui décoche un coup de poing au visage avant de le saisir au cou. Sa compagne, enceinte de 5 mois, frappe à son tour le policier. Elle reçoit un coup de coude dans le ventre en retour.

A l’issue de cette journée, le couple avait déposé une plainte qui avait été classée sans suite. De leur côté, les mutoi avaient fait de même et la leur a été jugée recevable. Ils étaient donc victimes au procès.

Mais le tribunal a regardé le dossier d’un autre œil. Il a considéré que, si la jeune femme avait frappé le policier, c’était pour faire cesser « une atteinte physique injustifiée », qualifiée même « d’agression ». Une décision dont se félicite l’avocat du couple, Me Arcus Usang.

“Mes clients se sont défendus face à une attaque des policiers et cette défense a été jugée proportionnelle dans le cadre de la légitime défense. Dans ce dossier, ce que je peux constater, c’est que les rapports des policiers municipaux ne correspondent pas à la réalité de tous les témoignages de tous les témoins, qui ont donné des versions concordantes en faveur de mes clients”.

Finalement le compagnon a uniquement été condamné pour outrage et à une simple amende avec sursis. Un jugement qui fait grincer les dents de l’avocat des mutoi, Me François Mestre.

“Les policiers municipaux étaient devant la juridiction en qualité de partie civile, en qualité de victimes et non pas en qualité de prévenus. Or, on a l’impression à entendre la motivation du jugement que c’est devenu l’inverse. La théorie qui était développée par la défense et qui a été retenue par le tribunal, tendant à dire qu’il s’agit de violence policière , je crois que ce n’est pas du tout ce qui est au dossier”.

Cette décision n’est cependant pas définitive. Le parquet a la possibilité de faire appel du jugement.

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