A VOIR

|

Deuxième jour de procès du meurtrier de Pirae : les témoins et experts entendus

Publié le

Le 2ème jour du procès du meurtrier de Pirae s'est tenu aujourd'hui au palais de justice de Papeete. Des nouveaux témoins ainsi que les experts médicaux ont été entendus ce matin.

Publié le 23/11/2022 à 17:23 - Mise à jour le 24/11/2022 à 11:09
Lecture 2 minutes

Le 2ème jour du procès du meurtrier de Pirae s'est tenu aujourd'hui au palais de justice de Papeete. Des nouveaux témoins ainsi que les experts médicaux ont été entendus ce matin.

Les faits remontent à juillet 2020. L’accusé s’était introduit au domicile du nouveau compagnon de son ex-femme et mère de ses enfants. Après avoir poignardé et roué la victime de coups, l’accusé l’avait laissé ensanglanté, à terre. Quant à son ex-compagne, il l’avait sévèrement blessé avant de la trainer jusqu’à l’hôpital.

Lors de la première journée de procès, il état notamment question de la préméditation des actes de l’accusé. Si la préméditation est retenue par la cour, l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Aujourd’hui, plusieurs témoins ont été entendus. Parmi eux, deux hommes qui avaient passé la soirée précédant le meurtre avec l’accusé, une soirée de beuverie qui s’est achevée au petit matin. L’accusé avait ensuite parcouru 10 kilomètres pour s’introduire chez la victime, un ancien capitaine de thonier, puis il s’était emparé d’un couteau et avait surpris le couple au lit.

Une scène d’une rare violence

S’il l’accusé, un homme de 35 ans, nie la préméditation, il reconnaît avoir envisagé d’émasculer la victime. Finalement, il le poignarde à de multiples reprises, sectionnant l’artère humérale, puis s’acharne sur lui avec des coups et s’en prend violemment à son ancienne compagne. Un voisin, oncle du défunt appelé à la barre ce matin, entend de son côté des cris de femme. En sortant de chez lui, les lumières sont éteintes, et il n’y a plus aucun bruit.

La victime est laissée à terre, se vidant de son sang. Lors de la reconstitution, l’avocat de la partie civile découvre une scène de crime effroyable.

Après les témoins, c’est au tour des experts de s’exprimer. Sur le plan psychologique, l’accusé est présenté comme ayant une personnalité immature et dépendante, avec une souffrance identitaire narcissique. Un profil qui expliquerait son incapacité à gérer ses émotions, son déni de la séparation avec son ancienne compagne, mais aussi son passage à l’acte.

Les réquisitions attendues demain matin

Si les réquisitions sont attendues demain matin, l’avocat de la partie civile, Me Loyant, espère une réponse pénale juste : “Ce n’est pas de crier vengeance, ce n’est pas de les appeler à une peine maximale, à une sanction terrible. Mon rôle, c’est de leur donner tous les éléments qui leur permettent de prendre une décision. Est-ce que cette décision sera emblématique, non seulement des féminicides mais aussi des compagnons ? Parce qu’on parle beaucoup des féminicides, mais on parle beaucoup moins des hommes, des nouveaux compagnons d’une femme qui sont agressés par l’ancien compagnon. À Tahiti c’est quand même très fréquent, ils sont agressés et quelques fois comme aujourd’hui, ils sont tués“.

Le troisième et dernier jour de ce procès aura lieu demain en Cour d’assises.