mercredi 3 mars 2021
A VOIR

|

Crash d’Air Moorea : de lourdes condamnations pour les cadres de la compagnie

Publié le

Treize ans après le crash du Twin Otter d’Air Moorea, les principaux responsables de la compagnie ont été condamnés ce jeudi matin à de lourdes peines de prison par la cour d’appel de Papeete. Comme devant le tribunal correctionnel, ils ont été reconnus coupables d’homicides involontaires. Une décision accueillie avec satisfaction par les familles des victimes.

Publié le 23/01/2020 à 15:30 - Mise à jour le 24/01/2020 à 17:08
Lecture 2 minutes

Treize ans après le crash du Twin Otter d’Air Moorea, les principaux responsables de la compagnie ont été condamnés ce jeudi matin à de lourdes peines de prison par la cour d’appel de Papeete. Comme devant le tribunal correctionnel, ils ont été reconnus coupables d’homicides involontaires. Une décision accueillie avec satisfaction par les familles des victimes.

C’est bien la rupture du câble à cabrer du Twin Otter, du fait de manquements dans l’entretien de l’appareil, qui a causé la mort des 19 passagers et du pilote, ce triste jour du 9 août 2007. Telle est la conclusion de la cour d’appel dans son jugement rendu ce jeudi matin.

La responsabilité des cadres de la compagnie est donc pleine et entière. En conséquence, la cour d’appel a prononcé de lourdes peines à l’encontre de ces derniers, et en premier lieu de son ancien directeur général, Freddy Chanseau. Celui-ci écope de 36 mois de prison dont 18 mois ferme, mais aussi d’une interdiction définitive d’exercer dans le milieu aéronautique, et d’une amende de 3 millions de Fcfp.

Jacques Gobin, ex-directeur technique d’Air Moorea, écope quant à lui de 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis, avec également une interdiction définitive d’exercer dans le milieu aéronautique, tout comme Stéphane Loisel, ex-responsable du bureau d’étude et de documentation de la compagnie.

3 ans de prison et un an et demi de sursis pour l’ex-chef du Groupement pour la sécurité de l’aviation civile (GSAC) et une interdiction définitive d’exercer dans le milieu aéronautique, avec une amende de 407,9 millions de Fcfp à payer à la CPS au titre du remboursement des prestations servies aux ayants droit des victimes du crash.

La compagnie Air Moorea s’est vue, elle, infliger une amende de 25 millions de Fcfp et a interdiction de reprendre ses activités. Ce qu’attendaient les proches des victimes. « Je suis soulagée par le jugement parce que les responsables ont été reconnus, ce qui est très important pour nous. (…) Pour l’aviation en général, à Tahiti, je crois que c’est important que les gens se rendent compte que l’on ne peut pas faire n’importe quoi quand la vie des gens est en danger. Pour les enfants, c’est important que la responsabilité soit reconnue par la justice » a confié Johanna Couassac, épouse de l’une des victimes de l’accident.

« Je ne vais pas me réjouir que les personnes qui ont été condamnées à la prison soient séparées de leur famille. On ne peut le souhaiter pour personne. (…) Mais je trouve ça normal qu’ils soient sanctionnés » a déclaré Nikolaz Fourreau, président de l’association 987.

Mais les condamnations ne sont pas encore définitives. L’avocat d’Air Moorea et de son ancien directeur général a en effet annoncé un pourvoi en cassation. « Je suis bien évidemment déçu par cette décision qui montre que nous n’avons pas réussi à convaincre la cour, de ce qui pourtant, nous semble être une évidence. C’est-à-dire que l’accident n’a pas pu se produire en raison de la rupture du câble en vol. (…) C’est probablement un peu le prix de l’opinion, le prix de l’émotion. (…) Et la cour de cassation, j’en suis convaincu, mettra de l’ordre dans ce dossier » a expliqué Me François Quinquis.

Si la cour d’appel a reconnu la culpabilité des principaux cadres d’Air Moorea, elle a en revanche relaxé trois des prévenus dont le chef mécanicien et le contrôleur de production de la compagnie. Elle a considéré que les fautes qui leur étaient reprochées n’étaient pas suffisamment caractérisées pour entrer en voie de condamnation.

infos coronavirus