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Bébé secoué : la mère condamnée à 7 ans de prison, 8 ans pour le père

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Le dernier jour du procès aux assises du couple jugé pour la mort de son nourrisson, en mars 2015 à Punaauia, s'est tenu ce vendredi au palais de justice de Papeete. Un petit garçon d’à peine un an décédé des suites du syndrome du bébé secoué. La mère a été condamnée à 7 ans de prison ; le père écope de 8 années de réclusion.

Publié le 11/09/2020 à 16:04 - Mise à jour le 11/09/2020 à 18:50
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Le dernier jour du procès aux assises du couple jugé pour la mort de son nourrisson, en mars 2015 à Punaauia, s'est tenu ce vendredi au palais de justice de Papeete. Un petit garçon d’à peine un an décédé des suites du syndrome du bébé secoué. La mère a été condamnée à 7 ans de prison ; le père écope de 8 années de réclusion.

20 longues années de prison. C’est la peine demandée par l’avocate générale à l’encontre de la mère du petit garçon. Car pour la magistrate, c’est bien elle, en secouant violemment l’enfant, qui a causé son décès.

Pour ce qui est du père, la responsabilité est « moins évidente », dixit la magistrate qui a requis à son encontre 8 années de réclusion. Une position qui va dans le sens de sa défense.

« Les faits à l’origine du décès remontent à 12 heures avant le décès constaté de l’enfant. Et mon client a été constant dans le fait qu’il n’y a pas eu de violences de sa part le soir qui a précédé le décès », indique son avocat, Me Huguet.

Avant de conclure ses réquisitions, l’avocate générale s’est adressée aux jurés : « Cet enfant est mort avant même de pouvoir marcher. C’est à lui, qui n’est plus, que vous devez rendre justice ».

Le nourrisson n’était d’ailleurs pas représenté par un avocat, aucun membre de sa famille ne s’étant porté partie civile. Seul son jeune frère aîné a pu se faire entendre, par la voix de l’avocate saisie par l’administrateur ad ’hoc.

« C’est toujours compliqué dans les drames familiaux parce que d’un côté on a ce petit qui est décédé violemment et de l’autre côté ce sont leurs enfants frère et sœur qui sont poursuivis et une position pour les familles qui ne sont pas évidentes, confie Me Lavoye, l’avocate du frère du nourrisson. Cet enfant a énormément souffert de ses blessures et peut-être qu’il a été un petit peu trop oublié dans les débats. »

À l’annonce des réquisitions, ses parents n’ont montré aucune émotion. Mais l’avocate de la mère s’est dit abasourdie qu’on cherche à faire porter la principale responsabilité à sa cliente. Pour elle, c’est à l’occasion d’une des nombreuses bagarres au sein du couple que l’enfant a été violemment secoué. Elle juge donc la peine demandée disproportionnée.

« Ce n’est évidemment pas ma théorie, mais quand bien même on voudrait retenir que ma cliente est seule à l’origine du décès de ce petit garçon : 20 ans de réclusion criminelle pour un homicide volontaire dans les conditions que j’ai décrites, ça me semble excessif et injustifié, a déclaré Me Toudji. Je l’ai dit avec mes mots, avec ma conviction aux jurés, ce serait pour moi une injustice. 20 ans de réclusion criminelle, c’est la peine qui a été infligée, pas plus tard que le précédent dossier du nôtre, pour des faits d’assassinat, hautement plus graves. »

Le jury n’aura pas suivi les réquisitions du parquet général. La mère du petit a été condamnée à 7 ans de prison. Le père à 8 années.

La session de la cour d’assises se poursuit lundi.

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