vendredi 23 avril 2021
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Assises : un quinquagénaire jugé pour avoir battu à mort son épouse

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C'est une sordide affaire qui est étudiée depuis ce lundi par les jurés de la cour d’assises. Dans le box des accusés : un homme de 50 ans. Il comparait pour avoir battu à mort son épouse en octobre 2018 sur l’atoll de Tikehau aux Tuamotu. La victime, mère de ses trois enfants, est décédée après avoir subi un déchainement de violences. Le compte rendu de cette première journée d’audience :

Publié le 08/03/2021 à 16:52 - Mise à jour le 08/03/2021 à 16:53
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C'est une sordide affaire qui est étudiée depuis ce lundi par les jurés de la cour d’assises. Dans le box des accusés : un homme de 50 ans. Il comparait pour avoir battu à mort son épouse en octobre 2018 sur l’atoll de Tikehau aux Tuamotu. La victime, mère de ses trois enfants, est décédée après avoir subi un déchainement de violences. Le compte rendu de cette première journée d’audience :

Cette journée du 18 octobre 2018 avait pourtant bien débuté à Tikehau. L’accusé, son épouse, et plusieurs de leurs proches avaient sympathisé avec l’équipage et les passagers d’un catamaran de luxe qui venait de jeter l’encre. Le soir, tous sont invités à bord pour le dîner. Mais au cours de celui-ci, la victime, un peu éméchée, glisse et passe par-dessus bord. Le capitaine se jette immédiatement à l’eau pour la secourir. Ce que le mari de la jeune femme aurait vécu comme une humiliation.

L’accusé, 1,81 m pour 127 kilos, la hisse sur le catamaran par les cheveux avant de lui asséner les premiers coups. L’équipage s’interpose et l’homme assure qu’il ne s’en prendra plus à sa femme. Mais une fois sur sa petite embarcation, loin du voilier, les coups reprennent de plus belle. Et le déchainement de violences se poursuit sur la plage : coups de pieds, de poing, et même de buches de bois. Le quinquagénaire place ensuite son épouse inconsciente dans une brouette puis la ramène à leur fare. Il la couche et à son réveil constate qu’elle est décédée.

Pour l’accusation, le quinquagénaire a voulu donner la mort à son épouse. Mais lui assure que ce n’était pas son intention. « À partir du moment où il est entré dans ses phases de colère, explique Me Huguet, avocat de l’accusé, pour lui c’était extrêmement compliqué de s’arrêter sans l’intervention d’une personne extérieure, généralement plus âgée ou jouissant d’un certain respect notoire. Lui m’a toujours dit qu’il aimait sa femme en dépit de leur relation discutable à bien des égards, et qu’il regrettait sincèrement de l’avoir tuée ».

Les filles du couple se sont constituées parties civiles. À la barre, l’ainée a expliqué ce matin combien sa mère était « formidable » mais aussi qu’elle avait essayé de « détester » son père. Sans y parvenir. « Elles ne veulent pas couper les ponts parce que, quelque part, elles se retrouvent orphelines si aujourd’hui elles perdent aussi leur papa. Mais elles veulent quand même que la douleur et la souffrance qu’elles ont vécues puisse quand même être entendue et également la souffrance de leur maman qu’elles aimaient profondément », explique l’avocate des filles du couple, Me Louise Bregman.

Dans son ordonnance de mise en accusation, le juge d’instruction souligne les très nombreux coups reçus par la victime. Des violences qui traduisent selon lui, une volonté totale de destruction. En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, ce procès démontre une nouvelle fois que les violences à leur encontre sont encore trop nombreuses en Polynésie, avec des conséquences dramatiques, comme ici.

Pour ces faits, l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait s’achever mercredi.

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