dimanche 25 octobre 2020
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Air Moorea : Pour les familles, les témoins-experts sont « payés pour défendre une thèse »

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Le procès du crash d’Air Moorea vient de reprendre après un week-end de pause. Comme en fin de semaine, des témoins-experts cités par la défense sont venus à la barre pour mettre en doute la rupture du câble de gouverne en vol comme facteur explicatif de l’accident. Des conclusions jugées partiales pour les familles des victimes qui s’en indignent.

Publié le 18/11/2019 à 15:30 - Mise à jour le 21/11/2019 à 8:40
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Le procès du crash d’Air Moorea vient de reprendre après un week-end de pause. Comme en fin de semaine, des témoins-experts cités par la défense sont venus à la barre pour mettre en doute la rupture du câble de gouverne en vol comme facteur explicatif de l’accident. Des conclusions jugées partiales pour les familles des victimes qui s’en indignent.

Le ballet des témoins de la défense se poursuit au procès Air Moorea. Après des experts en aéronautique et en médecine la semaine dernière, c’est un ingénieur en mécanique qui a été cité à la demande de la compagnie et des autres prévenus ce matin.

Comme ses prédécesseurs, il a écarté la piste de la rupture du câble à cabrer du Twin Otter comme cause du drame du 9 août 2007. Une thèse pourtant retenue par les experts judiciaires et par le tribunal correctionnel, en première instance. Pour ce témoin-expert, la tension sur le câble en vol n’était pas suffisante pour qu’il rompe même s’il était usé à plus de 50%.

« Le BEA (Bureau d’Enquête et Analyse, NDLR) estime à 500 décanewtons, soit environ 500 kilos, la force qu’il faudrait pour que le câble rompt. La force en question en exploitation normale du vol est d’à peu près entre 50 et 64 décanewtons. La différence est extrêmement importante. Ce n’est donc pas dans le cadre de l’exploitation du vol que la cadre a pu se rompre. Il a fallu un phénomène extérieur, qu’on n’arrive pas à identifier en l’état » explique Me François Quinquis, avocat d’Air Moorea.

Pour les avocats de la défense, ce n’est donc pas la maintenance de l’appareil qui est en cause. Ce qu’ils soutenaient déjà devant le tribunal correctionnel. Mais la succession de ces intervenants, ulcère les proches des disparus. « Les nouveaux témoins et pas experts, sont à la fois médiocres et partiaux. Et surtout, ils ont une utilisation très approximative et partielle des données qui sont dans le dossier. (…) Ils ont été payés pour défendre une thèse qui n’est pas nouvelle, mais qui est très moyenne » déclare Nikolaz Fourreau, président de l’association 9-8-7.

Et si les parties civiles s’attendaient à ce type de défense, elles la jugent insupportable. « C’est très difficile et les familles le vivent très mal parce qu’on assiste toujours à la même mauvaise foi. (…) La vérité, c’est que l’atelier était dans un état pitoyable, les procédures de maintenance n’étaient pas respectées. Elles étaient médiocres » ajoute Nikolaz Fourreau.

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