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Vidéo – Michel Cresp: « On est anéantis »

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Publié le 09/04/2017 à 15:19 - Mise à jour le 21/06/2019 à 12:19
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Cette sortie dans la vallée de Te Faaiti est l’une des randonnées les plus pratiquées par le club. Ce n’est donc pas une première qui aurait mal tourné par manque d’expérience ou de connaissance du terrain. De surcroît, le jeudi précédant la randonnée, une reconnaissance du parcours avait été effectuée et aucun signe inquiétant n’avait été constaté. 

Comme à l’accoutumée, les randonneurs se sont retrouvés dans la vallée de la Papenoo pour une randonnée qui s’avérait prometteuse, d’autant que le soleil était au rendez vous.  « il n’y a pas eu d’ennui particulier, tout s’est bien passé au départ » relate Michel Crest, le regard dans le vide. Lui, n’a pas pris part à la sortie.

Arrivés au sommet de la vallée de Faaiti, qui culmine à 400 m d’altitude, les randonneurs ont posé leurs sacs puis déballé les casse croûtes pour s’offrir un petit moment de détente. Voyant le ciel s’obscurcir, ils remballent leurs affaires et font demi tour. « Le temps se gâtait et quelques gouttes de pluies tombaient. »

Les premiers gués rencontrés se passent sans difficultés. Pas de niveau d’eau anormal, ni de signe avant coureur de quoique ce soit, selon lui. Rien qui ne laisse présager ce qui va se produire. Arrivés devant un autre gué, un petit groupe passe sans encombre et peu après le reste des marcheurs entame à son tour la traversée.

Tous n’étaient pas encore dans l’eau, certains se trouvaient sur la rive, quand est arrivée, dans un bruit sourd… La vague.  « Une masse d’eau importante dévalant de la montagne et balayant tout sur son passage qui a envoyé les huit personnes présentes, dans la rivière ».

« Imaginez vous un barrage qui cède » explique Michel Cresp supposant qu’un bassin s’est créé en amont et que celui-ci a cédé, lâchant d’un coup plusieurs m3 d’eau qui s’étaient accumulés.

« Parmi les huit personnes qui ont été pris dans les remous, cinq ont pu regagner la berge. C’est presque miraculeux. » Les cinq  « miraculés » s’en sont tirés avec quelques côtes cassées et des contusions, mais rien de grave. « Quand vous êtes pris dans ces remous là,  vous tapez dans les cailloux de tous les cotés, (…) c’est horrible. »

Si cinq des huit personnes pris dans les remous de la rivière ont pu regagner la rive, trois manquaient à l’appel. Si à ce jour deux corps ont pu être retrouvés, le dernier n’a toujours pas été localisé. « On a encore un infime espoir pour le troisième, mais moi, je n’y crois plus. Aujourd’hui, on fait le deuil de trois personnes du club. Trois amis. On est anéantis, » souffle, Michel Cresp, bouleversé.

« On parle de fatalité dans cette affaire, sans doute… Ce que je retiens, c’est que c’était imprévisible ». (…) On prend toujours des précautions avant le départ, on regarde la météo, on est bien équipé, on part avec des cordes et on a tous un kit de sécurité dans le sac. »

Lampe frontale, couverture de survie, mousqueton, tout le matériel de sécurité, et les précautions d’usage avaient été prises. D’autant que ce ne sont pas des randonneurs débutants. Tous font des randonnées environ 80 fois dans l’année.

« D’après les récits de mes amis qui ont pu s’en tirer, cela a été si soudain, qu’ils n’ont pu rien faire. » Ceux qui par chance n’ont pas été emportés, sont profondément marqués. « Ils ont attendus les secours, regroupés sur la rive, secours qui ont mis du temps avant d’arriver, mais cela est du à la configuration des lieux. » C’est un hélicoptère qui a hélitreuillé un par un les onze rescapés.

Malgré la peine qui l’accable, Michel Cresp a néanmoins tenu à adresser un message à ceux qui ne connaissent pas bien la nature tahitienne et surtout la montagne, « Ce n’est pas l’homme qui commande, c’est la nature. Et là, l’homme ne pouvait rien faire. c’est cela qu’il faut toujours avoir en tête. » Suite à ce drame, le club a suspendu toutes ses activités sportives. 
 

Rédaction Web avec Jean-Baptiste Calvas

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