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Vidéo – Crash Air Moorea : un procès chargé d’émotions s’est ouvert

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Publié le 07/10/2018 à 15:34 - Mise à jour le 13/06/2019 à 13:20
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C’est vêtu de blanc, que les familles des 20 disparus du crash d’Air Moorea sont arrivées au tribunal correctionnel ce lundi.  Elles ont pris place dans la grande salle d’audience, spécialement aménagée pour accueillir 137 parties civiles, et une bonne quinzaine d’avocats.

11 ans après le drame, un procès s’est donc ouvert. Et avec lui, le triste souvenir de ce 9 août 2007 revient dans toutes les mémoires. Comme pour Daina dont la nièce se trouvait à bord du Twin Otter. « Je lui ai dit que j’allais venir la récupérer. Elle m’a dit non, que c’était son mari qui avait pris le bateau et qu’elle prenait l’avion. Mais ce n’était pas sa place dans l’avion. Elle a pris la place de quelqu’un d’autre… C’est comme si elle était ma fille. On était toujours ensemble toutes les deux. Quand on m’a annoncé la nouvelle… Aie ça fait mal… »

Pour les proches des victimes, comme pour l’accusation, il ne fait aucun doute que c’est la rupture du câble de gouverne qui a causé l’accident. Pour Me Jean-Pierre Bellecave, avocat de nombreux proches de victimes  : « La vérité elle sera connue et je gage qu’elle le sera à 100%. Les thèses qui sont les positions de l’accusation aujourd’hui seront maintenues, confortées et mieux comprises à l’issue de ce procès. Un : le câble s’est rompu, c’est la cause du crash. Deux : il s’est rompu parce qu’il y avait une mauvaise maintenance, des manquements, des omissions, pas seulement des défaillances, il y avait un travail défectueux ! »

Ce qui, pour les familles, doit aboutir à la condamnation des prévenus. « Ceux qui ont été mis en cause ont mal travaillé et ceux-là doivent effectivement être rendus coupables, responsables, et payer pour leurs fautes », estime Nikolaz Fourreau, président de l’association 987. 

Mais pour la partie adverse, la rupture du câble en plein vol n’est techniquement pas envisageable. Elle avance en défense d’autres hypothèses. « On ne peut pas exclure, d’après le médecin légiste et les médecins qui se sont succédé, que le pilote ait eu un malaise. On ne peut pas exclure davantage le fait qu’il ait fait une erreur de manipulation des manettes, entre les manettes de puissance, d’hélice et d’arrivée du carburant ». 

Le président du tribunal a pris la parole pour présenter le déroulé du procès qui se tiendra sur 3 semaines : « le procès dit Air Moorea », avant d’être un procès « hors-norme » est tout à la fois le procès d’une tragédie, le procès d’une compagnie aérienne, de ses responsables, de la sécurité et du contrôle aérien, et le procès de la complexité et du temps long, qui nous interroge sur notre capacité à pouvoir rendre justice dans un délai raisonnable, 11 ans après l’accident survenu le 9 août 2007″, a-t-il déclaré. 

​Rédaction web avec J-B.Calvas

 
 
 
 

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