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Six ans de prison requis en appel contre « le mouton noir » de la douane

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Publié le 01/08/2018 à 13:18 - Mise à jour le 13/06/2019 à 13:20
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« Nous avons ici le mouton noir de la douane qui restera dans les mémoires comme le douanier proxénète ».  L’avocat général n’a pas mâché ses mots en s’adressant au prévenu.  Un homme de 49 ans à l’allure frêle qui, il y a quelques années encore, portait l’uniforme de douanier.

Malgré ses 650 000 Fcfp de revenus mensuels, il lui en fallait encore plus. Location de voitures, de maisons, vente de bijoux, le fonctionnaire diversifiait ses activités. Et ce, en toute illégalité.

Jusqu’à louer des chambres de passes à des prostituées accrocs à l’ice, dans un immeuble de Papeete. Deux d’entre-elles étaient âgées d’à peine 16 ans.

> Des “doutes” sur l’âge des filles

Le douanier, aujourd’hui radié de la fonction publique, dit « avoir eu des doutes » sur l’âge des jeunes filles, sans s’en soucier outre mesure. Il faut dire que « tant que l’argent rentrait, il s’en foutait », comme avait témoigné l’une d’elles.

Et ces trafics rapportaient gros. Une trentaine de millions de Fcfp ont circulé sur ses comptes en à peine 15 mois, en 2011 et 2012. Une somme que l’intéressé, joueur et parieur invétéré, a flambé selon son avocat.

> Le jugement connu en septembre

En défense, le conseil s’est attelé à démontrer qu’on faisait porter à son client un costume trop grand pour lui, qu’il n’était pas le cerveau d’un vaste réseau de prostitution.

Contre celui qu’il qualifie de « Thénardier » des temps modernes, l’avocat général a finalement réclamé une peine plus sévère que celle prononcée en première instance : 10 millions de Fcfp d’amende et surtout six années de prison ferme.

Le douanier déchu est reparti à Nuutania dans l’attente du jugement qui sera rendu le 13 septembre.

J-B. C.

 
 

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