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Procès de la plus grosse saisie d’ice en Polynésie : les réquisitions

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Publié le 27/02/2017 à 18:52 - Mise à jour le 21/06/2019 à 12:21
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A l’origine de cette affaire, un chef d’entreprise au bord de la faillite. Pour renflouer les caisses de sa société, il se lance dans une opération très risquée mais également très lucrative : l’achat et la revente d’Ice. Consommateur occasionnel de drogues, il se rapproche de son fournisseur pour commander de l’Ice. Il est alors dirigé vers une intermédiaire qui le met en contacte avec un fournisseur aux Etats-Unis. Les premières livraisons sont rapidement revendues sur la marché polynésien. « L’instruction qui a duré près de deux ans a montré qu’il n’y a eu aucun enrichissement personnel de mon client… puisque la totalité de la partie importée et qui a été vendue, a servi à payer les salariés, la CPS, les fournisseurs d’une entreprise qui était aux abois. Et a aucun moment n’a été conservée par mon client pour ses besoins personnels », souligne l’avocat du chef d’entreprise, Me Robin Quinquis,.

En juillet 2015, les douanes mettent la main sur 1,4 kilos d’Ice dissimulés dans des déshumidificateurs que le chef d’entreprise a commandés aux Etats-Unis. L’enquête permet de faire tomber plusieurs membres du réseau. Du commanditaire au financeur en passant par les intermédiaires. Huit personnes sont mises en examen. Elles sont toutes poursuivies pour infraction à la législation des stupéfiants. Selon Me Gilles Jourdainne,  l’avocat d’une des têtes du réseau, l’instruction dépeindrait des criminels endurcis alors que : « ce sont d’abord des consommateurs. Et qui sont tombés dans cet enfer qu’est la consommation. Et pour avoir une consommation, parce que ça coûte cher on est obligés de revendre et petit à petit on tombe dans cet engrenage où de simple consommateur, on devient trafiquant ».

 

Le procureur a requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de la femme du chef d’entreprise qui a tenté d’aider son compagnon en détruisant des preuves, et jusqu’à  9 ans de prison ferme pour les deux commanditaires. Une amende de 6,7 millions de Fcfp a été requise à l’encontre d’un des transporteurs. Les trois têtes du réseau encourent une amende solidaire de 187 millions de Fcfp.

Ce mardi soir au moment où nous écrivons, les avocats sont toujours en train de plaider.

Sam Teinaore

 

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