Police nationale : Tevaiarii Buillard, l’expert de Papeete

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Depuis plus d’un siècle, la police scientifique épaule les enquêteurs dans leurs investigations. Son rôle est aujourd’hui primordial dans la résolution des affaires, criminelles notamment. Au Fenua, la gendarmerie et la police nationale disposent d’une section technique et scientifique. Des Polynésiens y ont travaillé mais ils n’avaient pas la qualification d’agent spécialisé. C’est désormais chose faite. Depuis quelques mois, Emile Tevaiarii Tematua-Buillard est en effet le premier Polynésien à occuper cette fonction au sein de la DTPN.

Publié le 05/02/2023 à 13:56 - Mise à jour le 05/02/2023 à 14:05

Depuis plus d’un siècle, la police scientifique épaule les enquêteurs dans leurs investigations. Son rôle est aujourd’hui primordial dans la résolution des affaires, criminelles notamment. Au Fenua, la gendarmerie et la police nationale disposent d’une section technique et scientifique. Des Polynésiens y ont travaillé mais ils n’avaient pas la qualification d’agent spécialisé. C’est désormais chose faite. Depuis quelques mois, Emile Tevaiarii Tematua-Buillard est en effet le premier Polynésien à occuper cette fonction au sein de la DTPN.

Le scénario ? Un homme est retrouvé mort dans une habitation de Papeete. Un couteau ensanglanté, un pistolet et deux douilles se trouvent à proximité de son corps. Pour déterminer les circonstances de ce crime et en trouver l’auteur, les enquêteurs font appel à leurs collègues de la police technique et scientifique. La progression se fait lentement, chaque centimètre carré de la scène de crime est inspecté, puis marqué. Chaque élément et détail sont consignés. Puis vient la prise de photos.  Elles doivent être nettes et précises. La prochaine étape consiste à prélever les pièces à conviction.

Malgré son assurance, Tevai a parfois eu des moments de doute, notamment lors d’une de ses premières affaires. « Je venais d’arriver depuis une semaine. On a été appelé pour un suicide. C’était ma première confrontation à la mort. Je ne savais pas trop comment me situer, comment réagir. Cela m’a fait quelque chose car la victime avait mon âge environ. J’ai dû mettre de côté mes émotions et faire parler le côté professionnel pour résoudre l’enquête », témoigne le tout nouveau technicien en identification criminelle de la DTPN.

« Ce qui m’a motivé à faire ce travail, c’est déjà de pouvoir aider les victimes en leur apportant la vérité à l’aide des éléments que l’on trouve sur la scène », confie Tevai Buillard.

L’examen d’une scène de crime peut prendre plusieurs heures. Il nécessite l’utilisation d’une multitude d’outils destinés à trouver des éléments qui serviront à l’enquête. Ils permettront notamment de modéliser les lieux en trois dimensions. Une donnée très utile lors des procès, en premier lieu aux assises, où les jurés découvrent les faits. « Ce qui m’a motivé à faire ce travail, c’est déjà de pouvoir aider les victimes en leur apportant la vérité à l’aide des éléments que l’on trouve sur la scène », confie Tevai Buillard.

Celui-ci n’est pas le seul Polynésien, au niveau national, agent spécialisé de la police technique et scientifique. Mais il est le premier à être affecté à la DTPN. Avant cela, il a réussi l’un des deux concours ouverts en métropole, comme l’explique Carine Le Petitjean, la cheffe de la police technique et scientifique de la DTPN : « Il faut le niveau baccalauréat pour être technicien, bac +2 pour être technicien principal et, pour le niveau ingénieur, c’est bac +5. Tous ces concours sont vraiment distincts du concours de gardien de la paix. Nos personnels sont spécifiquement affectés dans des services opérationnels ou en laboratoires pour aider les enquêteurs de l’investigation ».

L’examen du scène de crime peut prendre plusieurs heures. (Crédit TNTV).

Disposer de fonctionnaires d’origine polynésienne est un plus pour le Directeur territorial de la police nationale. « Sur une scène de crime, le plus important c’est de conserver les lieux en l’état pour pouvoir recueillir tous les éléments matériels qui vont aider les enquêteurs à trouver celui ou ceux qui sont à l’origine de ce crime. La façon de parler d’un Polynésien aux gens qui sont déjà sur place est un atout très fort », se félicite Mario Banner.

La police technique et scientifique intervient dans de multiples domaines en usant d’outils de plus en plus sophistiqués…parfois pour résoudre de banales affaires, comme un simple vol de téléphone portable.

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