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« Je vais demander qu’on envoie ta maman en prison….. « 

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Publié le 20/11/2017 à 15:43 - Mise à jour le 21/06/2019 à 12:18
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C’est dans une ambiance pesante, entrecoupée par les pleurs de la petite victime âgée de 11 ans aujourd’hui que l’affaire a été étudiée.

En juin 2014, après une dispute avec son compagnon, la mère avait pris l’enfant dans ses bras pour marcher le long de la route de ceinture à Faa’a. Alors qu’une voiture arrivait à contre-sens, elle s’était jetée devant le véhicule avec son enfant. Le conducteur était heureusement parvenu à éviter la collision. Mais la mère avait ensuite cogné son enfant contre le pare-chocs du véhicule.

Placée dans la foulée en garde à vue, elle avait déclaré aux gendarmes : « J’ai voulu me tuer et emporter avec moi ma fille« . Ces dernières années, la quadragénaire avait été placée à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique.

L’expert psychiatre qui a étudié son dossier a conclu à une « altération de son discernement  » au moment des faits mais a tout de même estimé qu’elle était suffisamment saine d’esprit pour comparaître devant un tribunal.

Un avis que ne partage pas son avocat. « C’est une femme absolument déconnectée des réalités. L’envoyer à Nuutania ? Il faudrait plutôt un internement d’office. Cela n’a absolument aucun sens. La réponse n’est pas pénale. Elle est ailleurs« , a plaidé Me Smaïn Bennouar.

Le défenseur de la petite fille a, lui, fustigé la prévenue. « Quelqu’un qui fuit les conséquences de ses actes et qui aujourd’hui a oublié de venir à l’audience ». « Elle est hautement toxique pour sa fille. Cette femme reste très dangereuse« , a tonné Me Dominique Bourion.

Lors de sa prise de parole, le procureur de la République s’est, adressé directement à la fillette : « On est avec toi. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as une maman qui ne va pas très bien et qui a fait quelque chose qui n’est pas digne d’une maman. Toi, tu dois te concentrer sur ton travail à l’école, tes amis. Tu es victime. Je vais demander qu’on envoie ta maman en prison un petit peu. Pour la soigner, la protéger, pas pour la punir« . Et le magistrat de requérir trois ans de prison ferme dont deux avec sursis avec mandat d’arrêt.

La quadragénaire a finalement évité un séjour à Nuutania. Le tribunal l’a en effet condamnée à deux ans de prison mais entièrement assortis du sursis. Elle devra en revanche se soumettre à des soins psychiatriques et verser 500 000 francs de dommages et intérêts à la petite.

Quant à son autorité parentale à son égard, elle lui a été définitivement retirée.

J-B. C. 

 

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