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Crash d’Air Moorea : « Est-ce que la disparition d’une personne vaut 3 millions? »

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Publié le 05/09/2018 à 14:54 - Mise à jour le 13/06/2019 à 13:20
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« C’est choquant. » Quelques minutes après l’arrêt de la Cour d’appel au civil ce jeudi à Papeete, dans l’affaire du Crash d’Air Moorea, le président de l’association 987, Nikolaz Fourreau, est sous le choc. En première instance, en avril 2015, les indemnités accordées aux familles des victimes s’échelonnaient entre 100 000 et 6 millions de Fcfp.

>>> Lire aussi – Crash d’Air Moorea : des indemnisations pour le préjudice moral

L’association a fait appel de ce jugement. Lors de cette deuxième audience qui s’est tenue en mai dernier, les familles des victimes ont demandé 2,5 milliards d’indemnités. Une demande qui n’a été entendue que partiellement par le tribunal civil.

Pour Nikolaz Fourreau, 11 ans après le drame, c’est un nouveau coup dur. « Aujourd’hui, on a une décision très surprenante dans la mesure où ils (NDLR : les juges) reconnaissent un certain nombre de préjudice, de traumatismes mais certains sont complètement écartés. »

> Du temps pour analyser la décision 

Derrière cette question d’argent, le président de l’association regrette que la compagnie Air Tahiti ne soit pas plus pénalisée. Pour lui, ces indemnités ne lui « coûtent rien ». Certaines indemnités sont de 3 millions de Fcfp. Là aussi, au regard de la perte des familles, cette somme ne représente pas grand-chose selon Nikolaz Fourreau. Il s’interroge : « Est-ce que la disparition d’une personne qu’on a confié à une compagnie aérienne, en confiance, et à qui on donne trois millions… Est-ce que la disparition d’une personne vaut 3 millions ? »

Le président de 987 va prendre du temps pour réfléchir et analyser cette décision. Avec le reste de l’équipe, ils décideront quelles suites y donner. Autre échéance à venir : le procès au tribunal correctionnel dans moins d’un mois. Là aussi, les familles des victimes attendent beaucoup de la justice.

Nikolaz Fourreau espère obtenir plus de réussite qu’au civil. Il souligne : « Il faut qu’on sache qu’il y a eu des personnes irresponsables qui ont pris des décisions complètement irrespectueuses de la vie, pour des raisons probablement simplement économiques. Donc ils ont gagné de l’argent en ne faisant pas de maintenance et ils n’en dépensent pas aujourd’hui en réparant les préjudices. […] On a l’impression de se battre contre des moulins à vent. On va avancer et ce qui nous tiendra c’est la mémoire de ceux qui ont disparu. »
 

Rédaction web avec Sam Teinaore 

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