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Condamné pour meurtre à 30 ans de prison, il fait appel

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Publié le 05/06/2016 à 16:52 - Mise à jour le 27/06/2019 à 10:53
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Les faits se sont déroulés dans la nuit du 30 à 31 août 2013 sur l’île de Tubuai aux Australes. Raiarii Tihupe-Faana a asséné 12 coups de couteau à sa mère et 24 à sa soeur qu’il a également égorgée. Le seul motif qu’il a pu donner aux enquêteurs est que sa mère ne voulait pas lui donner les clés de sa voiture pour qu’il aille pêcher avec son beau-frère. Détail sordide de cette affaire, après avoir commis son méfait, le jeune homme a pris le temps de se laver les mains, puis de prendre une photo de la scène d’horreur avec son téléphone portable. Il a ensuite pris les clés de la voiture de sa mère pour faire une balade autour de l’île avec des copains. C’est au petit matin qu’il s’est livré à la gendarmerie et a signalé le double assassinat.
 
Le 10 septembre 2013, la cour d’Assises a condamné Raiarii Tihupe-Faana à 30 ans de prison. Durant le procès, il n’a jamais pu expliquer son geste. Aujourd’hui encore, le jeune homme dit qu’il ne se souvient de rien.
 
Ses proches le décrivent comme quelqu’un de gentil et serviable. Sa famille était très active au sein de la communauté des Témoins de Jéhovah de Tubuai. Son père y occupait une place très importante. Il était décrit comme le chouchou de sa mère. Une de ses soeurs raconte à la barre que :”maman prenait souvent sa défense pour éviter que papa le punisse”. Ses cousins et ses amis le décrivent comme quelqu’un de “normal, gentil et cool”. Mais il a également un côté très sombre. Tous ses proches racontent qu’il délirait souvent. Son père, qui est le seul à lui rendre visite à Nuutania quand il descend à Papeete, lui demande parfois pourquoi il a tué sa mère et sa petite soeur. Et ses réponses sont souvent incohérentes. Ses autres sœurs et ses cousins racontent aussi qu’il parle souvent tout seul, il évoque des archanges, des démons et les esprits de personnes mortes qui lui parlent. Il a consigné ses visions dans un petit carnet retrouvé par les enquêteurs. Tous ses proches pensent que ces délires sont dus à la forte consommation de cannabis. Depuis qu’il est détenu, il n’a plus de visions et consulte une fois toutes les deux semaines un psychiatre. À Nuutania il est très calme et très discret et ne parle quasiment pas, selon un rapport de l’administration pénitentiaire. Il a fait l’objet de deux rapports d’incident, pour détention d’un téléphone portable et détention de cannabis.
 
Le procès de la cour d’appel des Assises se tient sur deux jours. Les jurés tenteront de savoir pourquoi il a sauvagement poignardé sa mère et sa soeur cette funeste nuit du 30 août 2013. En faisant appel, il risque la prison à perpétuité. 
 

Sam Teinaore

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